‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 68 sur 179 · Voyez le Discours sur les duels · texte numérisé non relu

Voyez le Discours sur les duels

ï}2 Rodomontades espaignolles.

brer tous les ans la grande feste du jour que fut donnée labattailled'Aljubarota*. Par cas, un cordellier ce jour estant venu baiser les mains du roy, qui en celebroit la feste, il dict au cordellier : « Que vous semble de notre fête ? En celebre-t-on de telles en Castille pour de semblables victoires*? » Le cordellier respondit : « On n'en fait point, parce que nous avons tant de victoires que chaque jour seroit fêté, et que les artisans mourroient de faim'. » Voylà une rodomontade d'un moyne aussy belle que soldat ou homme de guerre eust sceu dire.

A cela, au bout de quelque temps, un cordellier portugais la rendit bonne, fust au mesmes cordellier, ou à un autre qui fust qui en parlast; car, en preschant un tel jour de l'an que celuy-là que ceste battaille lut donnée, il dict en ces mesmes mots à son sermon, en représentant la battaille (comme tels prescheursiont souvent quand ils extravaguent de leur thème) : « Nous autres chrétiens, nous étions d'un côté de la rivière, et les Castillans de l'autre *. » Quelle attacque fratresque * I

De tout temps, les Portugais et les Castil-

1. Sans la victoire d'Aljubairota (1385), le Portugal était conquis par la Castille.

2. Que os parece de.nuestra fiesta? Celebranse en Castilla taies fiesta por semejantes vencimientos ?

3. No se hacen, porque son tantas las victorias nuestras, que cada dia séria fiesta, moririan los oficiales de hambre.

4. Nosostros cristianos, estabamos de un cabo del rio, y los Castellanos de la otra parte (a).

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