‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 67 sur 179 · En l'île de Djerbah (Tunisie · texte numérisé non relu

En l'île de Djerbah (Tunisie

5. Pierre Navarre, fils d'un matelot, capitaine espagnol passé ensuite au service de France.

Rodomontades espaignolles. 131

pareil de lignage, il luy envoyeroit son vallet pour le combattre. Le soldat luy répliqua :

« Je le veux bien, parce que, quelque méprisable qu'il soit, il vaudra toujours mieux que vous*. »

Il s'en dit de mesmes d'un gentil homme françois qui refusa ainsy le combat à un qui n'estoit de si bonne maison que luy, qu'il luy envoyeroit un de ses vallets. L'autre respondit : « Je l'en aymerois mieux, car il ne m'en scauroit envoyer pas un des siens qui ne soit plus homme de bien et de valeur que luy , et par ainsy en combattant le vallet j'acquerray plus d'honneur qu'à combattre le maistre. »

Un seigneur de Castille fit bien mieux.

D'autant qu'en Castille, pour faire champ, il faut que les deux parties soient esgal les en lignage, et, parce que sa partie estoit fort inférieure à luy, il dict : « Dites à un tel que je me fais d'aussi basse extraction que lui, et qu'il vienne ici se battre contre moi *. »

Il y en a force grands qui ont faict de tels traicts, qui se sont desmis pour une heure de leurs dignités, charges, gardes et ordres, pour combattre leurs inférieurs, à quoy ils ont plus d'honneur que de s'ayder de telles cuirasses poltronnes. J'en ay faict un beau discours ailleurs'.

Les Portugais avoient de coustume de celé-

1 . Yo lo otorgo, porque, por muy min que sea, sera mejor que vos.

2. Decid à él tal que me hago de tan min linage como él, y que se saiga à matar conmigo â tal parte.

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