Ils s'embrennent, se conduisent en foireux
i}6 Rodomontades espaignolles.
luy tenoit mesmes propos : « Si je n'ai point de peur, pourquoi cherchez-vous à m'en donner * ? et comme dict un grand capitaine des nostres à un galiant que je sçais : « Pourquoy me voulez-vous faire poltron, moy qui ne le suis point? »
Un capitaine espaignol combattant en estoquade contre un autre, et luy ayant coupé un bras et un jarret, dont il tomba par terre, luy dict : a Rend-toy, autrement je te couperay la a teste. » L'autre luy respondit : m Fais ce que tu voudras, car si je n'ai plus de bras pour me défendre, j'ai encore un cœur pour savoir mourir' » ; disant souvent ce mot : a La vie meurt, mais la renommée vit toujours'. »
Un soldat espaignol ayant, en un deffy^ mis son ennemy à un tel poinct et blessé, qu'il n'en pouvoit plus ; si bien qu'en lieu de luy demander la vie il luy demanda la mort, et le pria de la luy donner, l'autre ne le voulut ; mais l'estropia très bien de bras et de jambes, pour deux raisons, dict- il : « L'une, parce que tu auras plus de peine en vivant; et l'autre, afin que tu puisses dire qui t'a blessé, et d'où te viennent ces blessures*. »