Meshui, désormais, tout à l'heure
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mon si toutes gens doibvent estre receus aux combats et estaquades, et mesmes les vassaux et subjects contre leurs seigneurs? A quoy les docteurs duellistes qui en ont escrit disent que, si le seigneur ofFance mal le vassal premier, le vassal le peut défier et se deffandre par les armes, car le droict des armes est aussy bien deu à PofFancé comme celuy des loix; mais si le vassal ofFance le premier, il n'est poinct receu en aucun deffy,- d'autant qu'il est rebelle à son seigneur, et par conseauent perd son droict des armes à l'endroict de son seigneur, et celluy de vasselage. Faudroit discourir aussy, et sçavoir si un soldat peut combattre un capitaine, ou le sien mesme? J'en vis ceste dispute débattre à Malthe par M. le grand maistre, le marquis de Pescayre, et autres capitaines, et voulut M. le grand maistre que M. de Bellegarde y fust appelle, d'autant qu'il s'entendoit fort bien en ces disputes de querelles. Le tout se desbattoit sur ce subject, à cause d'un soldat ui avoit appelle son capitaine au combat. Il ut arresté que tout soldat qui a porté les armes deux ans durant sans intervalle, et qu'en ce temps il en aye faict digne profFession et belle preuve, en se trouvant à toutes les belles factions et hasardeuses, et le prouvant, il peut combattre tout capitaine duquel il aura receu injure, voire le sien propre, en s'ostant de sa compaignie ^
I . On peut juger par ce trait de ce qu'était la discipline de nos armées au seizième siècle. Il faut remarquer cependant que les soldats étaient tous des volontaires, et qu'en
Discours sur les Duels. 201
Je vis quasy pareille dispute encre le capi- . taine Busq, qui mourut à la Terciere, et le capitaine Brevet son lieutenant, tous deux Provançaux, et braves et vaillans capitaines. L'on trouvoit estrange que le capitaine Brevet deffioit ainsin son capitaine, mais pourtant M. d'Estrosse leur couronnel et autres capitaines luy dirent que ledict Brevet le pouvoit faire en le quictant : il est bien vray qu'il y a différence entre un lieutenant et un soldat, car le lieutenant est capitaine *.
J'estois présent à ceste dispute, où M. d'Estrosse m'a voit faict appeller, et prié d'y assister pour en dire mon advis, où j'y vis alléguer force raisons, etpro et contra, entre autres ceste maxime que j'ay dict cy devant, touchant le.
soldat qui a porté deux ans les armes en belles factions, pouvoit combattre un capitaine, et a eu lieu parmv les Italiens, mais p^u parmy les Espaignols, et encore parmy nos François de jadis; d'autant que ce mot de capitaine estoit et est si sacré, que le soldat qui ofîançoit seulement si peu un capitaine, estoit griefvement puny , car n'estoit appelé à cest estât qui n'en fust grandement digne. Si que j'ay veu tels capitaines, voyre plus de cinquante en ma vie, parmy nos bandes, qui meriteroient d'estre aujourd'huy couronnds, et tel soldat qui meriteroit d estre aujourd'huy maistre de camp. Mais aujourd'huy que nostre infanterie est si corrompue, despravée et
s'engageant sous un capitaine ils stipulaient qu'ils auraient le droit de le quitter c^uand bon leur semblerait. I. C'est-à-dire officier.
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desreiglée, que les maistres de camp (la pluspart) et capitaines se font par douzaines, ainsin que la nécessité le porte, et foute de paye, et si pourtant s'estiment autant que les plus braves et famez. En quoy il y a différence; car tel capitaine y a il qu'un gentilhomme de marque se fairoit tort de le combattre, encore qu'il alleguast qu'il y a tant de temps qu'il porte les armes; mais comment les portent ils ? en les traisnant et en tenant les champs, cherchant les parroisses, en vivant et rançonnant le bonhomme * et se trouvant peu aux belles factions. Quand ce vient à une Donne affaire, ils ont autant de cœur que putains; je parle d'aucuns, mais non de tous.
Comme nous disons du capitaine, de mesmes en faut dire du soldat, lequel se vantera avoir porté les armes tant de temps; mais quoy!
C'est en faisant la vie de ripaille*, comme j'ay dict du capitaine; et qu'il faille recepvoir telles gens en combats, ce sont abus ; ouy bien les braves capitaines et bons soldats signaliez, desquels la vaillance est très esprouvée, dont nous en avons encore force parmy nos bandes^ car je serois bien marry de parler de tous en gênerai, ainsin que je les loue en mon livre des Couronnels.
Voilà ce que j'en ay ouy discourir à de bra-