‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 139 sur 157 · De Bussy · texte numérisé non relu

De Bussy

366 Livre II, Chapitre H.

parmy leur trouppe marchant, et ayant demander quelque parolle', le tira à p; la luy demanda en gallant homme, s'ayder de sa grandeur ny majesté: ai demeura de lui satisfoict. Ledict Bellega dict amprès à feu Castelpers et à moy.

Nous avons quasy une pareille histoire grand roy François premier, lequel aya plusieurs advis qu'il se donnast gard comte Guillaume de Saxe', qui estoît i cour et son pentionnaire, et avoit delliU le tuer, ne s'esmeut autrement ; mais un allant à la chasse, prist la meilleure espé fust en sa garde rocbe et mena avec luy , comte, et luy ayant commandé de le suii de près, et amprès avoir couru le cerf qu temps, voyant le roy que ses agens esl loing de luy fors le comte, se destouma c chemin, et auand il se veid avec le corn plus profîona de la forest seul, en tiran espée luy dict : " Vous semble t'il que H espée soit belle et bonnet n Le coir maignant par la potncte et le bout, dict n'en avoit veu jamais une meilleure ny tranchante. « Vous avez raison », dict le V et me semble que si un gentilhomme a entrepris de me tuer, et qu'il eust ce a la force de mon bras, la bonté de mon (

st-à-dire demander une eiplicaiion.

illnune de Furstcmberg, dont Branihdinc ] plusieurs reprises, après lui avoir consacré une ([[, p. 14). Il éiait encore bien en cour en 1)38,1 cetie année, à h t£le de son réaimenl, il revint du P avec le Roi. Sa défeciioa se produisit peu de temps *p

« accompaigné de ceste espée, il penseroit a deux fois de m'assaillir; toutefois je le tien- « drois pour fort poltron, si nous estions seuls «sans tesmoingts, s'il n'osoit exécuter ce « qu'il auroit délibéré de faire. » Le comte luy respondict avec un visage fort estonné :

« Sire, la meschanceté de l^ntreprise seroit « bien grande ; mais la follie de la vouloir « exécuter ne seroit pas moindre. » Il faut bien peser ceste responce qui est belle. Le roy, se prenant à rire, remet l'espée au fourreau et escoutant la chasse qui estoit près de luy, la suivit. Le lendemain, le comte voyant qu il estoit descouvert, et impossible d'attaquer un si brave roy, prend congé du roy sur quelque subject, et s'en retourne en son pays. Jedirois vouluntiers sur ces deux contes avec l' Arioste :

gran bonîa di principi nostri.

S'aller perdre dans les bois et forests, et là sans tesmoingts se vouloir battre, laissans leurs grandeurs aux orées*.

Le roy Henry III* estant encore jeune, toutesfois desià fort renommé de ses victoires des batailles ae Jarnac et Montcontour, estant à Bloys, lors de l'accord du maryage de madame sa sœur et du roy de Navarre, il fust supplié par le jeune Nansay, dict Besigny, de luy faire accorder quelque don au roy, et au conseil, qu'il lui demandoit. Ce qu'il luy promit s'il se pouvoit, estant lors M. d'Anjou, et lieutenant du roy ; mais le conseil trouvant ne se

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