Un gentilhomme de la suite du prince fut tué
3. Accompagné de ses neveux^ il trouva un asile dans la duiique d'un cordier nommé Garrot.
4. Voy. de longs détails sur ce conflit dans les Lettres de Uurine de Médicis, II, 253.
barie, et de Portugal et d'Espaigne. Je sçay ce qu'en dict le roy et la royne, et les grands qui estoient là, et M. le connestable qui en fust fort estonné, et le roy depescha M. de Rambouillet vers M. le cardinal et M. de Montmorency, qui dirent leurs raisons ainsin qu'ils peurent (dont n'y avoit manque d'un costé ny d'autre), que je dirois vouluntiers, mais elles allongeroient trop ce discours, et aussy que je les dis ailleurs. M. le prince de Condé, bien qu'il fust chef des huguenots, se sentit luy mesme fort offancé de cest affront faict à son cousin germain *, et en prit l'affirmative, force autres princes aussy et mesmes M. de Montpensier. Pour fin, par la sagesse et providence de la royne mère, cela s'appaisa, et n'alla ceste contention plus advant *. Surtout M. le prince Portian y receut un très grand blasme, pour s'estre ainsin bandé de gayetté de cœur, ou pour sa religion, contre la maison de Guyse, de laquelle il avoit receutant déplaisirs et courtoisies, et par sus toutes, trois : la première, l'assistance qui avoit esté faicte à sa mère la comtesse de Senningan en prison, sa cause et sa délivrance; la seconde, en ceste querelle contre M. de Montmorency que je viens raconter ; et la troisiesme, qu ils luy avoient faict
1 . Le cardinal de Lorraine était fils de Claude de Guise et d'Antoinette de Bourbon, tante de Louis de Bourbon, prince de Condé.
2. Voy. la pièce intitulée ; Ce qui se passa à Moulins Van MDLXVI, touchant Raccommodement des maisons de Guise, de Montmorency et de Chastillon, et le règlement du Roi en faveur du maréchal, en date, à Moulins, du 24 février i j66. Bibl. nat., collect. de Mesmes, ms. 279, f> }o6.
292 Livre II, Chapitre II.
espouser mademoiselle de Nevers*, l'une des plus belles, honnestes, sages, vertueuses et riches filles de la France, et qui estoit digne d'un plus grand prince que luy, comme despuis elle espousa ce grand M. de Guise '. Feu madame la douairière de Guise % ceste si sage et vertueuse princesse, la nourrissoit, par la prière que feu M. de Nevers, son père, luy avoit faict de la tenir en sa compaignie pour tenir d'elle, de sa bçlle et bonne nourriture et sages vertus. Je l'y ay veue nourrir, et je sçay que M. le cardinal fut le premier moteur de ce maryage : il luy rendit très mal là, à l'appétit de sa religion. Il ne debvoit point en cest endroict obscurcir sa belle et claire réputation qu'il avoit, par une telle ingratitude; car il estoit de bonne part, de bonne race, brave, vaillant, généreux, adroict, et très accomply prince en tout, magnifique, libéral ; mais il se gasta fort là. Moy mesme j'en fus autant marry qu'il estoit possible ; car je luy estois fort serviteur, et luy m'aymoit autant que gentilhomme de la cour : mais que voulez-vous.'^ C'estoit sa religion qui l'avoit ainsin charmé et offusqué comme d'autres. Feu M. le prince de Condé luy en fit bien la réprimande, comme j'ay sceu ; car il avoit espousé sa niepce * ; et
1. Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, gui épousa en secondes noces le duc Henri de Guise et vécut jusqu'en 1633.
2. En IJ70, six ans après la mort d'Antoine de Croî, prince de Porcien, son premier mari.