‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 155 sur 157 · I. S. e. sa voile : plia, mit de Teau dans son vin · texte numérisé non relu

I. S. e. sa voile : plia, mit de Teau dans son vin

Discours sur les Duels. 295

du soing et soucy qu'il concepvoit en soy, pour s'en vanger, que d'autre mal. Je sçay ce qu'il m'en dict, car nous estions fort prosches et très bons amys, et si avoit le cœur grand, haut et brave, et peu endurant une injure, et croy que s'il eust vescu, il eust faict un coup (car le roy François premier disoit que c'estoit une fort dangereuse et furieuse beste, qu'un gentilhomme françois, outragé mal content et despité), si ce n'est que despuis cela se fust appaisé par l'alliance que prit M. le prince Dauphin, son fils *, de la princesse sa femme, qui estoit fort prosche de M. d'Auzances, à cause de la maison de Mareuil de laquelle M. d'Auzances se pouvoit dire oncle à la mode de Bretaigne.

L'autre gentilhomme que j'ay veu à M. de Montpensier gourmander, ce fust un honneste jeune gentilhomme italien que nous avons veu à la cour, et qui despuis espousa madame Philippe', dame de Bleré, mère de madame d'AngouUesme d'aujourd'huy. Ce fust au siège de la Rochelle qu'il parla à luy un peu outrageusement, et pour rien, et le traict n'en fust pas trouvé trop bon, ny des grands ny des petits; car c'estoit un honneste gentilhomme. Il gourmanda, devant Lusignan, M. de Serre', qui estoit un brave et vaillant gentilhomme; mais cela fust bien à propos ; car, luy ayant

1 . Prince Dauphin : François de Bourbon, duc de Montpensier.

2. Philippe Duc, l'une des maîtresses de Henri II et mère de Diane, depuis (i$82) duchesse d'Angouléme.

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