‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 42 sur 157 · Le dimanche 27 avril · texte numérisé non relu

Le dimanche 27 avril

2. Il survécut trente-trois jours, et non quatre ou cinq, au rapport de TEstoile.

96 Livre II, Chapitre II.

sa dague, c'est àsçavoirs'il le debvoit. Je m'en rapporte aux bons discoureurs, meilleurs que moy.

Donc sur ce je vous en ameneray un exemple d'un gentilhomme d'Anjou, nommé la Fautriere, ayant entré en estaquade dans une vieille grange, mais pourtant enfermée de ses quatre murailles, sur lesquelles les seconds et tiers et autres en advisoient le combat, qui fust entre le cadet d'Aubanye, gentilhomme d'Angotilmois, près de Ruffec, fort brave et vaillant gentilhomme, et fort bravasche, et qui en tout vouloit fort imiter M. de Bussy, mais il ne peut en aucune sorte; se le figurant, cela luy faisoit grand bien à la râtelle * pourtant '. Cestuy donc Aubanyeavoit demeuré cinq ans à Rome, apprennant ordinairement à tirer des armes (et mesmes de l'espée seulle)' du Patenostrier, très excellent en cest art ; si bien qu'estans prests à se battre, ledict Aubanye dict à son ennemy : « Frère, je n'ay « accoustumé à me battre qu'à l'espée seulle. « Je n'ay point porté de dague. Pour cela « ostez la vostre. » L'autre, aussitost prompt, jetta la sienne par dessus la muraille de la grange; et la fortune luy fust si grande, qu'il vainquit et tua ledict Aubanye, qui estoit un des plus estimez espadassins pour l'espée

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