‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 41 sur 157 · Jean de Duras, seigneur de Livarot · texte numérisé non relu

Jean de Duras, seigneur de Livarot

Discours sur les Duels. 95

combattirent vers les rempars et porte de Sainct Anthoine, à trois heures du matin en esté*, de sorte qu'il n'y eust aucun qui les vist battre, que quelques trois ou quatre pauvres gens, certes chetifs tesmoings de la valeur de ces gens de bien ; qui pourtant en rapportarent ce qu'ils en avoient veu tellement quéllement. M. de Quielus ne mourut pas sur la place, mais il survesquit quatre ou cinq jours* par la bonne cure des cnirurgians et la bonne visite du roy qui l'aymoit fort. Enfin il mourut, car il estoit fort blessé; il se plaignit fort d'Antraguet, de quoy il avoit la dague plus que luy, qui n'avoit que la seulle espée; aussy, pour parer et destourner les coups que l'autre luy donnoit, il avoit la main toute découpée de playes; et ainsin qu'ils se voulurent affronter, Quielus dict à Antraguet : « Tu as une dague , et « moy je n'en ay poinct. » A quoy répliqua Antraguet : « Tu as donc faict une grande «faute de l'avoir oubliée au logis; icy « sommes nous pour nous battre, et non pour « pointillés des armes. » Il y en eust aucuns qui dirent que c'estoit Quelque espèce de surpercherie d'avoir eu l'advantage de la dague, s'il n'en avoit esté convenu de n'en porter poinct, mais la seulle espée. Il y a à disputer là dessus ; mais Antraguet disoit n'en avoir esté parlé. D'autres disoient que par gentillesse chevalleresque , il debvoit quicter

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