I . Antoine II du Prat, seigneur de Nantouillet
ii6 Livre II, Chapitre IL
guer tout en latin, très eloquamment, et avec telle passion et affection, aue le roy fiist fort empesché à leur responare leur reaueste qu'il n'accorda sur le coup, mais leur aonna grande espérance. M. de Tou*, premier président, qui l'aymoit fort, prist aussy son party et remonstra aux roys que, s'ils eussent faict mourir Gounellieu et Millaud, les deux meurtriers de ses frères, infailliblement il debvoit mourir; mais, ne l'ayant faict, il falloit que la loy fust egalle, et qu'il eust sa grâce et pardon comme les autres. Enfin, par temporisement, sollicitations et prières, son procez demeura en suspens. Cependant le roy de Poulloigne (qui estoit son principal persécuteur) s'en va en son voyage : 1 on faict son procez à la voilée ; son pardon et grâce luy fust donnée et bien interinée. Le voylà pourmener par la ville de Paris et à la court, mieux que jamais bien venu et arregardé de tout le monde.
Le roy tourné de Poulloigne, le baron luy faict la reverance, mais M. du Gua, qui estoit inthime amy de Millaud, et qui estoit grand favory du roy, se déclare son ennemy mortel, le mesprise , le menace de luy nuire où il pourra. Je sçay bien ce que je luy en dis un jour, car tous deux estoient mes grands amys : et je les voulois accorder, comme le baron m'en avoit donné la parolle; mais point, M. du Gua n'y voulut entendre, et luy dist qu'il le desespereroit. Il fust en train une fois