‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 62 sur 157 · I. Charles de Lorraine, mort en · texte numérisé non relu

I. Charles de Lorraine, mort en

Discours sur les Duels. 125

^enu à cheval sur un courtaut, et son ennemy à pied, il leva son ennemy et le monta sur son courtaut dans la selle et.luy en crouppe, le tenant tousjours des deux bras, le souilageant le plus qu'il pouvoit; et, par ainsin, se rendirent à la ville et chez un oarbier, et le fist fort curieusement penser, dont il se guérit. Il y en a aucuns qui eussent mieux aymé mourir que se laisser aller à une telle courtoisie, vile pourtant pour un brave cœur; car, en ceste façon, le vainqueur triumphe fort, par quoy le vaincu eust mieux aymé là mourir qu estre assisté de telle sorte. Autres disent : il n'y a que de vivre. Je m'en rapporte aux braves discoureurs. L'empereur en sceut^le combat et le traict, et voulut veoyr ledict Sourdeval, et le loua devant tout le monde en sa salle, autant pour sa valeur que pour sa courtoisie honneste et gentillesse, et luy fist présent d'une belle chaisne d'or pour s'en faire mieux paroistre. Quel crevecœur à son ennemy vaincu ! Je tiens ce conte de feu M. de Guyse le grand, qu'y avoit accompaigné monsieur son oncle, et d'aucuns gentilshommes qui estoient lors avec M. le cardinal ; et aussy que j'ay veu ledict Sourdeval à la cour fort bien venu et estimé, tant pour ce combat que pour les autres siennes vaillantises faictes aux guerres. Je croy qu'il vit encore, et l'ay cogneu fort famillierement.

Lorsque le roi Henry !!• envoya en Escosse feu M. Dessé \ son lieutenant gênerai, pour y^

Page 1