Claude de Bourdeilles, baron de Matha
3. Comme fils de Marguerite d*Albon, sœur du maréchal, t d'Artaud de Saint-Germain, baron d'Apchon.
Discours sur les Duels. 167
« jeune homme que tu es. » Et, s'en tournant pour monter à cheval, sans y penser, Achon ayant amassé son espée, courut amprès luy, et luy donna un grand coup d'espée à travers le corps, et du coup tumba tout roide mort par terre. Et n'en fust autre chose, parce que Achon estoit nepveu du mareschal de Sainct André, et l'autre, parent de madame de Vallentinois qui, par la mort du roy Henry, avoit perdu tout son crédit. Si est ce que le pauvre Matas ne laissa à estre bien plainct et regretté, car il estoit gallant et vaillant. Toutesfois, il fust fort blasmé, mesme de feu M. de Guyse le grand, comme je l'ouys, d'avoir ainsin mesprisé les armes et la bonne fortune qui luy avoit mis son ennemy à mercy, et luy avoit pardonné pour se faire donner la mort. Il ne faut pas aussy que les bravasches et vieux routiers, qui se sont un peu ressenty des fureurs del'espée, abusent de leur fortune, et gourmandent un jeune homme qui ne fait que venir ; car Dieu s'en triste ' . De cela force exemples nous en abonde. Cest exemple doibt servir d'advertissement à plusieurs ; j'en alleguerois une infinité d'exemples pareils; je me tais ast'eure pour dire et noter une chose, que du temps de nos roys, tels appels estoient fort deffendus en lieu de respect.
J'ay ouy raconter à ce brave et gallant feu M. de Cipiere que, du temps du roy François P% il cuyda estre en une très grandissime peine, pour avoir appelle M. d' Andoing* (grand