‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 90 sur 157 · Terminé · texte numérisé non relu

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faisoient tous les jours, et les abus, insoUences et escandalès, meurtres, esclandres, supercheries, strectes* et aitercats* qui s'y commettoient, de sorte qu'on tenoit en proverbe, « Gardez vous d'un holà de Piedmont », qu'ils croioient en demeslant leurs querelles, et sur cest holà, la supercherie s'y en alloit aussitost, ou de meurtre, ou de quelque blessure, ou orion sur la teste, il s'advisa de faire la dessus de belles ordonnances, qui du commencement furent un peu rudes à tenir, et mesmes parmy gens desraiglez ; mais, amprès en avoir faict pendre une douzaine, un chascun eut crainte, et fut sage; et falut se former à l'estatut de mondict sieur prince, et à vuyder sa querelle par apels, et la demesler sur le pont du Pau, lieu qu'il leur avoit destiné exprès pour cela, où ils alloient d'eux mesmes par leurs apels, ou luy mesmes les y envoyoit amprès qu'il s'estoit failli à les accorder ; et là falloit avoir bon pied bon œil, autrement tumber du haut du pont en bas, comm' il arriva à Rodomont et à Rolland, dans l'Arioste'.

M. le mareschal de Brissac, qui vint amprès luy en ceste charge, en fist de mesmes, et l'imita du tout, où de son temps furent faicts de beaux combats. Voylà comment en usoientces deux grands capitaines; aussy disoit on de Piedmont alors une escole de la guerre en

1 . De l'italien stretta, aventure périlleuse, mauvaise rencontre.

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