I . Non retrouvé jusqu'à ce jour
2o6 Livre II, Chapitre IL
du capitaine Sainct André*. Le tambour, qui estoit brave et courageux (comme j'en ay veu aucuns parmy nos bandes qui sçavoient faire autre chose que toucher la caisse), demande à se battre contre le soldat, et le fait appeler. Le soldat le reffuse tout à plat, disant que ce seroit un grand reprosche à luy, vieux et signalé qu'il estoit, de se battre contre un tambour, et plusieurs capitaines tenoient ceste opinion pour luy ; par quoy Sainct André, que j'ay veu très brave capitaine et gouverneur d'Aiguës Mortes despuis, se radvise d'oster la caisse à son tambour, et luy donne en recompense l'harquebuse à porter, avec remonstrance qu'il luy faict de la faire bien valloir en toutes belles entreprises et rencontres, si Qu'il se rende capable soldat pour avoir raison ae son ennemy. A quoy il ne fault, car dans trois mois il se fit fort recognoistre', au bout desquels il faict appeller sondict ennemy, qui sans aucune* excuse y va, et se battirent : et se blessarent fort bien tous deux. Nos capitaines de gens de pied en peuvent là dessus dire leur ad vis.
H faut maintenant dire un mot d'une dispute que j'ay veu faire et la desbattre, à sçavoir si en ces combats d'apels l'eslection d'armes s'y faict et s'y doit faire comme en camp clos solemnels dont nous venons parler cy devant.
Aucuns disent que si, autres que non ; comme
1. Edouard d'Albert, seigneur de Saint-André, gouverneur de Nîmes, mort en défendant cette ville lors de Tattaque des huguenots, le ij novembre 1569.