‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 133 sur 164 · I. Jean XXH · texte numérisé non relu

I. Jean XXH

2^0 Livre II, Chapitre II.

jamais en telles bonnes occasions. C'est ce brave Robert, qui fust grand père de ceste brave et belle royne Jehanne I'*, la merveille de son temps, en toutes choses : j'en parle en son discours que j'ay fâict d'elle.

Voylà aucuns defiis qui se sont veus et présentez de grand à grand, le temps jadis, et ainsin aussy que nous en avons un assez frais, au temps ae nos pères, du grand roy François et de l'empereur Charles, lesauels, amprès s'estre longuement outragez de parolles et desmentys par hérauts et cartels, se desffiarent au combat; mais ils n'y peurent jamais parvenir pour la difficulté et controverse qu'ils eurent du lieu et des armes. L'empereur Charles (disent nos histoires et nos pères) disoit à soy appartenir l'eslection du lieu, comme se disant provocquant et assaillant; et pour ce en pleine assemblée du pape, de son sainct collège, et de force ambassadeurs, mesmes de ceux du roy, en voyant une grande difficulté du lieu, dict qu'il n'y avoit rien de meilleur que se battre en un' isle, ou dans un bateau de grande rivière, ou sur un pont, avec un' espée et dague, ou la cappe. Par ces mots il monstroit tout à coup avoir eslection de lieu et d'arnjes. Enfin c'estoit un maistre homme. Le roy voulant garder son advantage en l'eslection d'armes, qui les devoit fournir comme provocqué et défendeur, vouloit combattre à cheval, (armé en grand roy et prince) de toutes pièces, avec une bonne lance ot bonne espée, bien qu'il ne fust jamais bien arresté du lieu du camp. Voilà, pourquoy il

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