‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 134 sur 164 · DISCOURS SUR LES DUELS · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR LES DUELS

'jie yoiilut Jamais recepvoir ny ouyr Pheraut de l'empereur, qu'il ne lui eust apporté le lieu et la seureté du camp pour se battre, ce qu'il fte fist. Ne fust aussy non plus accordé des armes aue l'empereur avoit dict avec l'espée ^t en dague; disant le roy que c'estoient •armçs trop communes et peu usitées parmy les grands roys, qui vont à leurs combats, rencontres et batailles, tousjours sur un bon cheval, et bien armez, non point en petits piétons soldats espadassins, tous desarmez, desquels l'acte estoit combattre en telles armes et façons. En cela, il parloit selon l'usance des anciens duellistes, comme j'ay dict cy devant, qui vouloient que le corps fust couvert; autrement c'estoit se battre en bestes bruttes. L'empereur replicquoit qu'ils ne se pouvoient combattre de plus belles et nobles armes que de l'espée qu'ordinairement on portoit au costé, pour une marque très insigne de noblesse et valleur, et comme pour une fidelle et ordinaire compaigne en paix et en guerre, qui de temps immémorial avoit esté inventée, portée, usitée et employée de tant de grands empereurs, roys, princes, .capitaines et vaillans hommes, par laquelle ils avoient faict de si beaux exploicts. Enfin sur ces discordances leur combat ne se fist point. Le plus beau et le meilleur fust esté sans tant controverser , comme dict une fois en Sicile un vieux capitaine espaignol sur ces discours, qu'ils se fussent battus au beau mitan de leurs armées assemblées pour donner battaille générale, et sur ce poinct leur commander faire

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alte et ne bouger sur la vie, et tous deux «e desffier à la teste de leurs dictes armées, comme firent i^^neas et Turnus, y comparestre armez des mesmes armes desquelles ils debvoient comlwittre en gênerai, et là décider leur différent ensemble, avec condictions pourtant que qui seroit vainqueur ou vaincu n'en seroit autre chose, et le§ deux armées se retireroient avec cela sans s'entredemander rien ny venir plus advant, et que jamais ( me dict cest Espaignoï) ny fist si beau, ny se présenta plus belle occasion qu'au voyage de Provence * ; qu'il n'y avoit pas deux ou trois mois que l'empereur avoit tant bravé à Rome, et ne demandoit que se battre comme j'ay dict; mais tant s'en faut qu'ils vinssent là, que le roy ne voulut conduire son armée, et la donna à conduire et à y commander à 'M. le grand maistre* en Avignon, et luy se tint à Valence cependant. A quoy je repliquay que le roy tout aussitost qu'il sceut le bandon gênerai que l'empereur avoit faict d'amasser vivres à chascun pour huict jours, cuydant que ce fust pour venir assaillir son camp, aussitost s'y vint rendre pour donner bataille, et possible pour se battre main à main contre luy, si que l'empereur ne s'en fust pas mieux trouvé; car le roy avoit faict d'autres expertises d'armes sans s'espargner ny estre espargné nullement, aux batailles de Marignan et de Pavie, tant signallées, ce que n'avoit faict l'empereur encore, ce qu'il m'ad-

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