‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 27 sur 164 · Paolo-Giordano Orsini · texte numérisé non relu

Paolo-Giordano Orsini

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58 Livre II, Chapitre II.

fortune voulut que l'Jtalien donna un grand vilain coup d'espée sur le jarret de Prouillan, qu'il tumba par terre, sans se pouvoir plus relever ; et luy usant de courtoisie, en rabillant de paroUes ce qu'il avoit dict pour l'honneur de la nation, il se contenta, et ne le poursuivit jusques à la mort comme il eust peu ; et ayant pris les armes de son ennemy, sortit hors tfu camp, et avec son parrain, confidans et amis, monte dans un coche, et les armes de son ennemy portées devant en signe de triomphe, s'en ajla à Rome, et y entra avec grande resjoulssance et applaudissement dés siens, et grand cry qu'un chascun faisoit : Vktoria! Victoria f fnonor de la patria salva! M. le mareschal de Btron, qui estoit lors en ctste armée, commandant à deux ^ens chevaux légers, s'en pourra jbien ressouvenir, et qu'il y eust un peu de risée ; car un seul combat, et p2[rticulier, ne peut rabiller l'honneur de tout un gênerai ' par les loix du duel.

Ayant àmprès entré dans l'église, et faict ses

{ïfieres et grâces à son Dieu, se retira fort oué et honnoré de ceux de sa nation, pour l'obligation qu'elle luy debvoit. Prouillan se fist penser, mais non si bien que je ne l'aye veu despuis fort boiteux et mal dispos de sa jambe. Il avoit esté en son temps un fort bravasche soldat à la gasconne; mais, à ce coup, la bravetté luy passa. Le capitaine italien fust fort estimé de la courtoisie qu'il luy avoit faict de luy remettre la vie; mais, d'aucuns disent

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