‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 26 sur 164 · I . Le pont passé, on se moque du saint · texte numérisé non relu

I . Le pont passé, on se moque du saint

I Discours sur les Duels. 57

en ce discours ; mais le gardon m'en doit estre fait, puisque la cause me touche.

Pour retourner donc à nos premières erres, je dis que quelquesfois on faict des courtoisies aux ennemys vaincus, pour plusieurs raisons qui seroient trop longues à desduire, dont je m'en remets aux galians hommes qui ont veu et en ont discouru ; mais je feray ce conte :

Au voyage que fist feu M. de Guyze le grand en Italie et au royaume de Naples% il se fist^ près de Rome, à Monte Rotondo, un combat entre un capitaine italian (estant au service du roy pourtant) et un capitaine gascon, nommé le capitaine Prouillan. Le subject de leur querelle estoit grand ; caf Prouîllan avoit dict que tous les Italiens estoient bougres (c'estoit trop). Le capitaine italien^ qui estoit un bon et brave capitaine, et qui avoit une fort belle faço^ à mon gré, de belle et haute taille, maigre et sec, et lioiï'aut, voulut purger ceux de sa nation de ce vice,' par combat de son corps à l'autre, le deraaen camp clos par un cartel. Pour lors toute l'armée estoit campée et logée à Monte Rotondo, où le camp estoit assigné. M. dePiénne?

(gentil cavallier s'il en fust onc, et .qui avoit lors deux compaignies de gens de pied soubs M. de Nemours, couronnel de l'infanterie) fust parrain de Prouillan, et croy que Paulo Jordan » estoit celuy de l'Italien. Estant entrez dans le camp, solemnitez toutes faictes, la

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