Jean-Jacques de Fontaines, sieur de Fendilles
3. La querelle n'eut pas lieu le jour de l'entrée du Roi, c'est-à-dire le 16 juin i$49, mais quelques jours plus tard, comme on va le voir dans le récit que nous pubUons, et qui dut être adressé par Fendilles à son protecteur le vidame de Chartres : < Monseigneur, puis qu'il vous plaist entendre comme le différend d'entre le baron d'Aguerre et moy est survenu : ce fut ce me semble environ le mardy deuxiesme juillet, le roy estant en son palais à Paris, moy voulant essaier eptrer de la salle du palais en la grande chambre dorée ou le roy debvoit tenir son audience , et pour ce que l'heure n'estoit encores venue je laissai mes armes à ung libraire, pour ce que j'avois entendu ny failloit porter armes. En attendant que l'on y entrast j'estois apuié contre la porte et y avoit plusieurs personnes autour de moy et entre aultres ung jeune homme avec peu de barbe blonde que ne congnoissois, lequel depuis ay entendu qu'il se nommoit le baron d'Aguierre, qm s'approcha au razibus de moy et estant là mist la main sur la myenoe et commença à me tirer et frotter mon poulce droict qui estoit à découvert pour la fente de mon ^and à cest endroit et ce faict parfois faisant ssnblant de se jouer essaioit à me tirer le gand; quoy voiant, après qu'il eut retiré sa main, je tiray mon dit gand et ung peu après il vint retoucher ma main , la tirant par fois en bas, et s'estant ung peu retiré je sentis qu'il me detaichait l'esguillette plus près de ma braie et mist son poulce contre ma cuisse droitte, y frétillant un |^u ; et moy pensant qu'il regardast veoir si je avois de l'argent ne luy dictz mot pour ce coup et aussi qu'il retira sa main où après je sentis qu'il me vint passer son membre joignant la main myenne que je tenois sur mon ventre près la seincture. Et
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salle, car il touche la sodomie. Ce Fandilles estoit un jeune gentilhomme bravasche et fou, qui suivoit feu le vidasme de Chartres*, qui alors estoit à la cour la gentillesse de toute chevallerie. Le baron des Guerres estoit un seigneur que le roy François avoit nourry page de sa chambre, et qui estoit de Lorraine, ses prédécesseurs estans pourtant sortis de Basque ou de Biard' ; car (comme dict M. de Montluc en son livre) le roy René de Scicile, duc de Lorraine et d'Anjou, aymoit fort les Gascons et gentilshommes de ce pays là bas, et s'en servit fort : si bien qu'il y en eust quelques uns qui s'y accazarent *, dont en est sorty despuis d'honnestes gens, ainsinque nous avons veu de nostre temps le seigneur de Rouly Gonty, Basque brave et vaillant, tenant grand rang en ceste maison de Lorraine. Ces deux
me Vy remettant, je ne puis endurer telle villennief ains le prins à pleine poignée par sondict membre et luy dis : « Me voulez f..... ou quoy? » Et criay par trois ou quatre fois : « Messeigneurs, voicy qui m'a mis le v.. à la main/ je ne scay pourquoy. > Et après j'Oys que le dit jeune homme disoit : < Moy! moy! mis le v.. à la main! Regardez la meschanceté, il n'est pas ainsi I » Et je luy dits quUl avoit menti et pour ce qu^il feist semblant mettre la main à l'espée, je hiy donnay du poing par Toreille, le poussant arrière et depuis eusmes beaucoup de propos qui ne me souvient bonnement, sinon que j'entendis quMl disoit : « Regardez quMl est meschant ! » Et luy repondis : « Tu as menti! » Vous asseurant, monseigneur... tout ce que dessus estre vray... escrif^ et signé de ma main présentement dans ma tante. Ainsi signé : Jehan Jacques de Fontaines. > Bibliolh. nat. mss. *-*,— «^ 7* ^onds Cangé.