I . Le cheval mort, l'homme d'armes est perdu
Discours sur les Duels. 93
mieux. J'y cotte les miesmes parolles en espai-
fnol qu'il profera. Despuis ce combat (ce isent les Espaignols) les François ne firent plu^ bien leurs affaires audict royaume, tenans pour un certain scrupule que tels deffys sont désastreux à tout un gênerai * ainsin que j'ay veu tenir ceste opinion à plusieurs grandis capitaines espaignols, italiens et françois, et mesmes à M. le mareschal de Biron, qui n'admettoit et ne trouvoit nullement bons ces deffys, appels et combats en un' armée, fiist d'ennemy à ennemy, fust d'autre à autre de l'armée, et que tout cela ne faisoit qu'amuser le monde, desbaucher les affaires du prince, et faire perdre quelquesfois de belles occasions importantes au gênerai, qui se rencontrent quelquesfois, et faire entre tuer deux braves hommes, qui pourroient estre cause du gain d'une battaille et la salvation de son prince : et que le meilleur est songer à bien mener les mains à un bonne affaire qu'à toutes ces vanitez ou animositez.
Du règne du roy Charles VII% il se fist un pareil deffy et combat, près d'Argentant, de vingt Anglois contre vingt François. Les Anglois furent desconfits et vaincus ; oncques puis ils ne firent bien leurs besoignes, et perdirent en un an peu à peu la Normandie.
Du règne du roy Henry 11% fust faict en Piedmont un pareil deffy entre M. de Nemours et le marquis de Pescayre trois contre trois', tout n'alla pas bien ; j'ien parle en la vie de