I. Grégoire XIIU L'affaire eut lieu le 6 juin
Discours sur les Duels. 105
de la querelle, se bâtit contre La Villate son adversaire. Matecolom second d'Esparezat, se bâtit contre le baron de Saligny; et chascun s'estant mis à part assez loin de l'autre de Quelque trente pas, amprès avoir faict leur debvoir, advint que Matecolom le premier tua son ennemy; et voyant que son second Esparezat estoit long à tuer le sien, encore qu'il fust fort jeune garçon (ainsin que dit Francisco, tireur d'armes : Qu'erano puti *, comme estoit aussy Salligny) s'en vint ayder à Esparezat, et tous deux tuarent La Villate, je croy non pas sans grand'peine, encore que. le jeune homme crioit qu'il n'y avoit raison de se mettre deux sur un, Matecolom repliquoit : « Que sçay je « aussy } Quand tu aurois tué Esparezat tu « me viendrois à tuer si tu pouvois, et me « viendrois donner de l'affaire, où je ne m'y « veux mettre plus que j'y suis, et en puis « sortir. » Et voylà comment alla ce combat, et où le second n'y procéda pas comme le Florantin, en l'exemple que j'ay allégué cy dessus du combat de quatre Florantins. Aussy y a il différence en un combat cerimonieux conditionné et soUemnisé de juges, de maistres de camp, de parrains et conndans, et celuy qui se faict à l'escart sans aucuns yeux, et aux champs, là où tout est de guerre.
Il se rist un combat en Limosin, il y a quelque temps, entre un gentilhomme nommé Romefort, et un Fredaigues, tous deux hantans la maison de La Vauguion. Il y en eust un