‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 54 sur 164 · I. Qm étaient des en£uits · texte numérisé non relu

I. Qm étaient des en£uits

io6 Livre II, Chapitre II.

gentilhomme qui despuis fiist tué à la cour, et acquist, je ne sçay comment, tiltre des gaU lans, sans avoir jamais veu que peu de guerre; je ne le nommeray point. Il alla appeller Fredaigues de la part de Romefort, qu'y alla aussitost sur la parolle du gentilhomme, et ce sans seconds, si non un vallet chascun pour tenir leurs chevaux. Ce gentilhomme s'abilla en palleffrenier de Romefort, d'autant qu'on se vouloit défaire dudict Fredaigues, et le tuer nommément. Mais la fortune voulut que Fredaigues tua aussitost son homme, et ne donna loisyr au palleffrenier déguisé de venir et ayder à Romefort, d'autant qu'ils avoient laissé leurs chevaux loing ; et ainsin qu'il s'advançoit, le palleffrenier oe Fredaigues s'advança plustost, et donne son cheval à son maistre, sur lequel il monta prestement; et s'en va au palleffrenier déguisé (lequel il cogneut aussitost), de telle furie, qu'il lust contrainct à tourner teste, et gaigner le haut; lequel Fredaigues recommanda au diable, en le laissant courre et aller. Luy victorieux s'en retourna, en disant qu'il avoit bien tué son ennemy, et bien faict niyr son palleffrenier. Dieu le voulut ainsin; car la supercherie estoit trop grande. Ce Fredaigues a esté despuis tué, avec le comte de La Roche Foucaud* à la charge de Sainct Yriers en Limosin*.

M. le vicomte de Turaine*, brave et vaillant

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