‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 58 sur 164 · Derrière les Chartreux », dit TEstoUe · texte numérisé non relu

Derrière les Chartreux », dit TEstoUe

110 Livre II, Chapitre II.

avoir quelque apparence, d'autant que l'espée du baron se trouva faucée par le bout, et que ledict baron ayant affronté son ennemy, luy tira deux grandes estoquades coup à coup, dont en fist reculler trois ou quatre pas son ennemy : et voyant que par ces estoquades il n'y gaignoit rien, il se mit aux estramassons* ; sur lesquels l'autre parant, et prenant le temps et s'advançant, luy donna une grande estoquade, de laquelle il tumba ; et, aussitost, s'advançant sur luy déplus près, luy donna trois ou quatre grands coups d'espée dans le corps, et l'acheva, sans luy user d'aucune courtoisie de vie. Ainsin le baron avoit tué son père, M. de Millaud*; aussy de mesmes M. de Millaud avoit tué son frère le baron de Tiers*. Ainsin mourut le brave baron vaincu, amprès plusieurs belles victoires par luy obtenues sur ses ennemys. Ainsin mourut encore ce brave baron, vieux routier d'armes et tant de fois victorieux sur d'autres, par la main d'un jeune homme, qui n'avoit que peu ou du tout poinct encore faict de grandes armes, si non que sortant hors d'hostage et de prison en Allemaigne, vint s'esprouver tout du premier coup contre un des vaillans et déterminez de la France. Voylà ce qu'en disoit le monde pour lors, et l'heur qu on en donnoit à l'un, et le malheur que l'on donnoit à l'autre. Ce fust un très beau coup d'essay pour l'un,

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