Coup du tranchant de l'épée
2. Le baron de Viteaux avait tué à Paris, en 1571, le baron Yves d'Alègre, le père.
}. François du Prat, baroa de Thiers.
Discours sur les Duels. m
et une fascheuse et cruelle fin pour l'autre, mais pourtant point des honteuses, ains fort honnorable.
J'ay ouy conter à un tireur d'armes qui apprist à Millaud à en tirer, lequel s'appelloit le seigneur Jacques Ferron, de lavilled Ast, qui ayoit esté à moy (il fust tué despuis à Saincte-Bazille * en Ûascongne. lorsque M. du Mayne l'assiégeât luy servant d'ingénieux'; et de malheur je l'avois adressé audict baron, quelques trois mois auparadvant, pour l'exercer à tirer, bien qu'il en sceust prou, mais il n'en fist conte; et le laissant, Millaud s'en servit et le rendit fort adroict) ; ce seigneur Jacques donc me raconta : qu'il s'estoit monté sur un noyer assez loing, pour en veoir le combat, qu'il ne yist jamais homme y aller plus bravement, ny plus résolument, ny de grâce plus asseurée ny déterminée. Il commança de marcher de cinquante pas vers son ennemy, relevant souvant ses moustaches en haut d'une main, et estant à.vingt pas de son ennemy (non plus tost) il mit la main à 1 espée qu'il, tenoit en la main, non qu'il l'eust tirée encore, mais en marchant il fit voiler le fourreau en l'air, en le secouant, ce qui est le beau cela, et qui monstroit bien une grâce de comb^i^ bien asseurée et froide, et nullement téméraire, comm' il y en a qui tirent leurs espées de cinq csens pas de l'ennemy, voyre de mille, comme j'en ay veu aucuns. Ainsin
1 . Sainte-Bazeille (Lot-et-Garonne), pris par Mayenne au mois d'avril i$86.