Ce siège pnt fin en juillet
Discours sur les Duels. 115
vement hors la ville et aux champs; mais le malheur fust pour luy, qu'en tuant ledict Millaud^ un de ses coups d^estramassons, par cas fortuit, tumba sur un des Boucicaux à la cuysse, qui luy causa en marchant par païs une grand' effusion de sang, dont il fust contrainct descendre en un bourg et s'amuser et le faire penser à quelque petit barbier de village, ce qui fust cause qu'ayant esté poursuivy par le prevostTanchon, fust pris à douze lieues de Paris, non trop à l'ayse, car il fist grande deffence, dont il fust fort blessé; et fust mené à Paris au Four l'Evesque, en tel danger, que du jour au lendemain nous le tenions executté. Je le vis par deux fois en la prison, qui me disoit tousjours d'une façon asseurée, au'il ne se doubtoit pas moins que de la mort, de laquelle il ne se soucyoit, puisqu'il, avoit vengé celle de ses deux frères, car Millaud avoit tué son autre frère, qui s'appelloit le baron de Tiers, et, disoit on, en supercherie et advantage; >'en fairois le conte, mais il seroittrop long et neserviroit pas trop icy. Le voylà donc aux vespres de la mort ; car le roy et le roy de Poulloigne crioient qu'il meure; mais M. le prevost de Paris*, son frère, qui tenoit en son logis pour lors les principaux de l'ambassade des Poullonnois, s'advisa de les prier pour son frère, et demander aux deux roys sa vie, ce qu'ils firent; et estois en la chambre du roy de Poulloigne quand ils vinrent, où je les vis haran-