I . René de Viau, seigneur de Champlivaut
140 Livre II, Chapitre II.
les jours, à sçavoir mon : si celluy à qui on a donné la vie peut redemander le combat.
Certainement par les loix dannoises et lombardes, aux camps clos et combats soUemnels, cela ne se peut, pour les raisons et coustumes que j'ay allégué cy devant. Quant aux appels et combats à la mazza, il ne r estoit non plus permis à Naples, dont le premier usage en est sorty; je Pay appris là mesmes. Aussy quand ils en venoient là^ ils se battoient si outrageusement que sans mercy et selon la coustume, il falloit que Tun tuast l'autre, ou tous deux demeurassent sur la place, ainsin que cela s'est veu souvant, et là et en nostre France, qu'il ne falloit nullement parler de grâce de vie ; car quand l'on vient là, l'on est si fort pressé de son ennemy ou animé de rage, de despit et de vangeance, que l'on a quelquefois tué dans un coup, ou tous deux demeurent morts sur le champ : ainsin qu'en ces combats precedans que j'ay dict est arrivé, et plusieurs autres; ainsin aussy qu'il arriva n'a pas longtemps au seigneur de Fourquefaux*, brave et vaillant gentilhomme, que le seigneur de La Chapelle Biron ' tua dans la forest de Fontainebleau, où ils s'estoient tous deux appeliez; et dans deux coups l'autre demeura roide mort sur la place, et La Chapelle sain et sauve se retira; lequel, venant de frais d'Italie, où il avoit appris du Patenostrier la millice de l'espée, avec son brave