I . De toute £açon
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de la moytié comme il luy plairoit ; cependant qu'il laissas! passer la collere du roy, tant pour l'amour de la deffance rompue, que pour ce que M. de Jarnac estoit beau frère de madame dfetampes, très favorite du roy, et aussy aue le roy estant sur Taage, et venant à aecliner et mourir, le roy Henry succéder bientost, la grâce seroit aussitost donnée à mondict oncle; et retourné en France, fort favorisé de son maistre, il n'en seroit jamais autre chose. Mais jamais mon oncle ne voulut faire le coup, ains tousjours combattre en beau camp et belle guerre descouverte. Amprès la mort du roy François, on luy en conseilla aussitost de mesmes, et qu'il n'y fist jamais plus beau ; mais il ne le voulut jamais non plus, et eust tousjours son recours à ce malheureux combat.
Sur ces exemples precedens, il faut colliger et notter une chose, que quand un roy, un prince souverain, un lieutenant du roy en une armée ou province, ont faict un commandement et une deffence expresse à deux qui ont Querelles de ne s'entredemander rien, ny s entrebattre sur peine de la vie, si là dessus le roy, le prince, ou leur lieutenant gênerai viennent à mourir, les querellans sont aussitost exempts de toute deffence, et ont toute pleniere liberté de faire ce qu'ils voudront ; car deffaillant et mourant Tautheur de la deffence, deffaut aussy et meurt la deffence, si elle n'est renouvellée par le nouveau roy, ou prince, ou gênerai succédant.
Plusieurs exemples en ay je veu que j'alle-
Discours sur les Duels. 159
guerois. Je me contenteray de cestuy cy, qui arriva à Orléans, amprès la mort du roy François 11% lequel ayant deffendu à MM. de Loué et Bueil*, bastard du comte de Sancerre, très braves et vaillans gentilshommes, de ne se rien demander Tun à l'autre touchant une grosse querelle qu'ils avoient ensemble, la defFence fust très oien tenue et observée tant que le roy, autheur de la deffence, vesquit ; mais il ne fust pas plustost mort, que l'endemain bon matin, M. de Loué prit l'occasion bien à poinct, et vint à assaillir Bueil, et l'estendit mort sur le pavé et se sauva. Il y en eust aucuns qui trouvarent ce faict estrange, veu les deffences faictes, et que la majesté royalle en estoit offancée'; mais les bien raffinez* et entendus duellistes les renvoyarent bien loing, comme je vis, et leur respondirent
Si'ils estudiassent leur leçon; car le prince aueur de la deffence estant mort, la derfence n'avoit plus de lieu, et les mains liées se deslioient ; que si Ton en eust advisé de bonne heure le roy Charles, et que la deffence fust été par luy renouvellée, ell' estoit à propos.
Il y a pourtant remède à ces deffences qu'ont trouvé jadis les duellistes, d'appeller
1 . Jean de Laval, seigneur de Loué, et Louis de Bueil, dit le Bâtard de Sancerre ( 1 560).
2. Voici comment d'Aubigné a défini les raffinés : « Ce « sont gens qui se battent pour un clin d'oeil, si on ne les • salue (^ue par acquit, si le manteau d'un autre touche le c leur, SI on crache à quatre pieds d'eux, etc. » V. Faeneste. On leur donne ce nom parce qu'ils raffinaient sur le point d'honneur*
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son ennemy en pays estrange et hors de la subjection et des loix du prince qui vous a faict les deffences ; à quoy qui est appelle n'y doit faillir pour son honneur, s'il n'alleguoit des empeschemens très grands et très extresmes, ou que le lieu luy fust suspect, ou que par pauvreté ne peust faire si loingtain voyage et si grande despence (c'est une excuse grande pour un petit compaignon, mais pour un grand point recevable) ou pour autres forces raisons qui se peuvent là dessus alléguer. Toutesfois, pour le lieu suspect, il y a remède, disent les duellistes; car il faut que sa partie luy face donner un sauf conduict du prince (ainsin que j'en allègue icy un exemple) du lieu du combat et de Ta retraicte en seureté ; et si la partie en faict difficulté, et s'excuse de ne luy en vouloir point envoyer, il faut de soy mesme gaigner par tous moyens le prince, et le prier pour luy en envoyer un, ou un de ses principalles trompettes, ou son tambour gênerai ; ce que le prince, par honnesteté et courtoisie ne doibt refïuser. Tout cela se faisoit le temps passé, advant que le concilie de Trente fust proclamé et observé ; mais aujourd'huy qu'il a vogue en plusieurs régions, cela est deffendu, et les combats par luy ne sont cordez : mais en France, Angleterre, Escosse, Flandres, et aucuns lieux d' Allemaigne et autres pais où le concilie se cache», tout cela se peut faire comme le temps passé ; encore peut plus le prince qu'est ae