‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 87 sur 164 · I . c'est-à-dire en pays protestant · texte numérisé non relu

I . c'est-à-dire en pays protestant

Discours sur les Duels. 161

commettre juges (s'il ne le veut estre) pour mieux accommoder toutes choses et asseurances par leurs présences. Il y a pourtant un poinct, que si le. prince est suspect, et qu'il favorise l'un plus que l'autre, ou oien que l'on aye offancé le prince et forfaict envers luy, et qu'il le recherche de la vie ou de la prison, il s'en faut excuser et fuyr cela comme peste. Voylà ce qu'en disent les docteurs, .excepté qu'ils ne veulent pas qu'on aille combattre en terre de Mores, de Turcs et infidelles, comme j'ay dict cy devant.

Disent encore ces docteurs que, si une deffence a estée faicte à deuxquerellans par deux lieutenans généraux en leurs provinces ou armées, ils peuvent s'en despartir, et venir se battre en autres provinces ou changer de généraux, car de gênerai sur gênerai la puissance ne s'estend point, ainsin que i'ay ouy dire de deux braves soldats signaliez ae Piedmont, lesquels ayant querelle ensemble, M. de Êrissac leur ayant commandé de ne se battre sur la vie, son camp esta'nt devant le siège de Vallance* en Piedmont, ils concertarent ensemble de sauter viste dans le camp de M. de Guyse, tirant vers l'Italie et estant aussy devant Vallance, où là, absous de la deffence de M. de Brissac et en franchise dans le camp de M. de Guyse, se battirent et se blessarent fort bien sans courir aucune fortune de la défense de M. de Brissac, ordonnée chez luy. Brave

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