DE FEU MADAME DE BOURDEILLE
Faictt par moy, sti^near de Branthôme, son btaufrère, ijai fut dicte et prononcée le jour de sa quarantaine, par un içavant prescheur cordellier de Bourdeaax.
La très-haute et très-vertueuse dame lacquette de Monibron, madame de Bourdeille, a esté extraicie de ceste grande, illustre et antique maison de Mombron, l'une des premières baronnies d'Angoulmois. Encor la plus saine voix tient qu'elle est ta première, tant pour son antiquité que pour les grandes alliances qu'il y a eu en ceste maison; si que de ceste maison est sortie une fille, reine de Sicille, et autres grands et grandes, comme il te verra en la généalogie cy-après ; aussy pour les grands biens, terres et seigneuries oue les seigneurs de Montbron ont tenus; car ils sont estes comtes de Perigord : encor de bondroict ladicte comté appartenoit à feu madicte dame. Ont estes viscomtes d'Aunay, seigneurs et
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barons de Montbron, Mathas, Royan, Chef- Boutonne, Maulevrier, Sainct-Megrin, Mortagne, Archiac, Sertonville, et plusieurs autres places. Et, si bon droict fust esté gardé à ladicte dame, elle fust estée en son vivant riche de plus de cent mille livres de rente.
Et pour éviter prolixité*, et ne rechercher plus avant la généalogie de ladicte maison de Montbron, comme on la pourroit monstrer de temps immémorial, je commanceray seulement à
Messire Robert de Montbron, lequel espousa madame Yoland de Mathas, duquel mariage vint
Messire Jacaues de Montbron, qui fut marié avecques la fille et héritière de messire Regnaud de Maulevrier, et de madame Beatrix de Cran, fille de messire Guillaume de Cran, viscomte de Chasteaudun, et madame Marguerite de Flandres, fille du comte de Flandres ;
Duquel messire Jacques, et de ladicte de Maulevrier, est issu messire François de Montbron, baron dudict lieu de Montbron, de Maulevrier, et viscomte d'Aunay, qui fut marié avecques madame Louyse de Clermont en Beauvoysin
D'où vint Archambaud, comte de Perigord, nepveu de ce cardinal de Perigord, qui vint devant Poictiers traitter la paix entre le roy Jehan et le prince de Gales.
I . Cette prolixité, l'auteur ne l'évite point ; il n'évite pas non plus des inexactitudes nombreuses que M. Lalanne a re- Aevécs avec soin.
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Iterriy dudict messire François et de ladicte madame Louyse, est descendu autre messire François de Montbron, marié avecques Françoise de Vandosme, fille du comte de Vandosme.
Et d'iceux est sorty messire Eustache de Montbron, qui espousa la fille puisnée du comte de La Marche, Taisnée ayant esté mariée avecques le roy Charles V, duquel sont venus les ducs d'Orléans et les comtes d'Angoulesme, d'où sont venus le grand roy François et ses successeurs de Valois.
Dudict Eustache de Montbron, et de ladicte de La Marche est venu messire Adrian de Montbron, qui espousa Marguerite d'Archiac, dame et principalle héritière dudict lieu, fille aisnée de messire Jacques d'Archiac, et de madame Marguerite de Levy, deux des grandes maisons d'antiquité et de richesses qui fussent en Guyenne.
D'iceluy Adrian, et de ladicte d'Archiac, est issu François de Montbron, marié avecques madame Jehanne de Montpezat, fille puisnée du viscomte de Chastillon; M. le marquis de Villars ayant espousé i'aisnée, de laquelle est issue madame la duchesse de Mayne.
Dudict messire François, et de ladicte Jehanne, vint messire René, mort sans hoirs à la battaille de Gravelines, et madicte dame Jacquette de Montbron, dame des viscomtés et baronnies de Bourdeille, Archiac, Mathas, la Tour-Blanche et Sertonville, mariée avecques feu messire André de Bourdeille, en son vivant
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seigneur des susdictes seifi[neuries, viscomtés et baronnies, chevallier de l'ordre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, seneschal, gouverneur et lieutenant de Sa Majesté en Perigord.
Entre autres belles preuves d'antiquité de ladicte maison de Montbron, je vous diray qu'il se trouve par escrit dans les vieux romans comme, lorsque le roy Artus, roy de la Grande- Bretaigne, institua les chevalliers de la table ronde, qu'on nommoit autrement les chevalliers errans, se trouva une Fredegonde de Montbron, qui, par sa richesse, beauté et vertus, fut fort recherchée desdicts chevalliers errans, pour laquelle ils firent plusieurs beaux exploicts d'armes. Aussy le principal subject de leur institution estoit pour conquérir leurs femmes, plus par leurs beaux faicts que par leurs richesses et moyens, et sur-tout de secourir les belles et honnestes dames en leurs afflictions, si aucunes' leur mesadvenoient.
L'on pourra dire que ce sont fables que ces contes de ce roy Artus et des chevalliers errans. Aucuns le disent, d'autres non. Certes plusieurs contes s'en font, qui paroissent un peu fables, mais d'autres paroissent histoires, en ce qui contient les beaux faicts d'armes desdicts chevalliers, ainsi que nous en voyons aujourd'huy faire parmy nous.
Tant y a qu'il ne faut point doubter de ceste dicte institution du roy Artus : elle est trop certaine, et despuis s'est fort continuée parmy