‹ Œuvres complètes de Pierre de BourdeillesChapitre 23 sur 372 · I . Pour en faire et disposer · texte numérisé non relu

I . Pour en faire et disposer

56 Opuscules.

héritières y auront i'œii ou bien personnes déléguées pour cela y adviser ; de sorte que >e les prie les en rendre tous contens et contentes de leurs services et peines.

Outre plus, je lègue et donne à mes serviteurs principaux, qui me servent à la chambre et autres lieux honnorables, comme secrétaires, pages, tous mes manteaux, habillemens, linges, c'est-à-dire des chemises, mouchoirs, chaussettes, sans toucher aux linceuls ny serviettes, ny napes aucunement ; désirant que cela demeure parmy les meubles de la maison, pour la succession de mes héritiers.

Outre mes serviteurs susdlcts, je lègue et donne à mes soldats, qui sont à ma porte, pour chaque teste, à chacun cinq escus et leurs gages payés.

Plus, je lègue et donne à messire Helie de Hautmarché, dict Monserogallard, abbé commandataire de Sainct-Sevrin, la somme de cent cinquante livres une fois payée.

J'en donne et lègue autant à Lombraud, mon recepveur de présent, qui m'a bien servy jus-

Su'icy et qu'il continue, outre ses gages, dont se paye tous les mois par ses maîns, comme il paroist par ses comptes.

Je lègue et donne aussy à messire Arnaut Barbut, vicaire de Branthome, la somme de dix escus seulement une fois payée, bien que luy aye bien payé tous ses gages, comme il paroist

Ear mes comptes, qu'il y a beaucoup gaigné en lisant son service divin, et par ce n'aie pas grand besoing de recompense, mais afin qu'il aie soubvenance de moy.

Opuscules. $7

Et de tous ces susdicts légats, je veux et or^ donne estre faict aux personnes vivantes seulement locis de mon décès^.et nuilemenjt à leurs héritiers. î

Je; veux aussY, et en chaitge expressément mes héritiers, héritières, de faire^ imprimer mes livres, que j'ay faicts et composés de mon esprit et invention et avecques grande peine, et travaux escrits de ma, main, et transcrits et mis au net de celle de Mathaud, mon secrétaire à gs^es, ksquels on trouvera en ciaq volumes couverts de velours tané^ noir,. verd, Weu, et uti en grand volume, qui est celuy des Dames, couvert de velours vert, et un autre couvert de velin, et doré par dessus, qui est celuy des R(h iomontades, qu'on trouvera tous dans une de mes malles de clisse *, curieusement gairdés, qui ^ont tous très-bien corrigés avecques une grande peine et un long temps ; lesquels j'eusse plustost achevés et mieux rendus parlaicts, sans mes fascheux affaires domestiques, et sans mes maladies. L'on y verra de belles choses, comme contes, hUtoires, discours et beaux mots, qu'on ne desdaignera, s'il me semble, lire, si l'on y a mis une fois la veue ; et, pour les faire imprimer mieux à ma fantaisie, j'en donne la charge, dont je l'en prie, à madame la comtesse de Durtal, ma chère niepce, ou autre si elle ne le veut; et, pour ce, j'ordonne et veux qu'on prenne sur ma totale hérédité l'argent qu'en pourra valoir l'im-

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