‹ Œuvres complètes de Pierre de BourdeillesChapitre 24 sur 372 · Brunâtre, couleur de tan · texte numérisé non relu

Brunâtre, couleur de tan

2. D'osier. Mot conservé par nos flacons couverts d'osier tressé qui sont dits clissét.

^8 Opuscvlk's.

pression, et c^ advant que mes héritiers s'en puissent prévaloir de mondict bien, ny d'en user advam qu'on n'aye pourveû à fadicte impression, qui ne se pourra certes monter à beaucoup; car j'ày- v^ force imprimeurs, comme il y a à Paris et à Lyon, que, s'ils ont mis une fois la veue, en donneront plustost pour les imprimer, qu'ils n'en voudroient recepvoir ; car ils en impriment plui^eurs

fraUs qui ne valent les miens. Je m'en* puis ien vanter, nresmes que je^ les ay monstres^ au nfoins aine partie, à aucuns qui les ont voulu imprimer sans Tien, s'asseùrant qu'ils en tireront bien profict'. Vec^reencor nï'en ont "prié ; maiis je n'ay voulu qu'ils fussent imprimés durant mon vivant. Sur-tout je veux que ladicte impression en soit en belle et grande lettre, et grand volume, pour mieux

I)aroistre,et avècques privilège du 'roy qui 'octroiera facilement», ou sans privilège s'il se peut fjaire. Aussy prendre garde qife i'imprimeui^ n'entreprenne ny suppose autre nom que le mien, comme cela se tait ; autrement je serois frustré de ma peine, et de la gloire qui m'est deue. Je veux aussy que le premier livre qui sortira de la presse soit donné par présent, bien relié et couvert de velours, à la reine Marguerite, ma très-illustre maistresse, qui m'a faict cest honneur d'en avoir veu aucuns, et trouvé beaux, et faict estime*.

1. A certains imprimeurs qui 6nt voulu les imprimer sans rien recevoir pour cela, assurés d'en tirer profit.

2. On le voit bien par le grand nombre des flatteries qui, dans les autres tomes, vont directement à son adresse. Ce

Opuscules. 59

Je veux aussy et ordonne que mes debtes soient payées, et en charge mes héritiers et héritières, lesquelles sont petites. Je recommande especialement celle de M. de La Chastaigneraye, mon nepveu, qui est pour la somme de cinq cens escus que madame de La Chastaigneraye, ma bonne cousine, me presta ; laquelle, advant sa mort un mois, l'estant allé veoir exprès à La Chastaigneraye, et luy parlant de ceste debte, et l'en remerciant de sa courtoisie, et la priant d'attendre un peu, que je ne faudrois la payer à ma première commodité, elle m'en renvoya bien loing de là main et de la paroUe, et que je ne luy en

[)ariasse jamais, et qu'elle me la qutttoit fort ibrement ; car elle m'aimoit plus cent fois que la debte, comme de vray à cause de l'amitié entre nous deux jurée et entretenue tousjours dès nostre jeune aage; aussy qu'elle m'avoit de l'obligation d'ailleurs, que je ne dis. M. des Roches y estoit présent, qui l'ouit, et me l'a ramenteu* souvent, qui en pourroit servir de tesmoing : mais il est mort despuis, et la vérité est telle. Que si pourtant mesdicts héritiers et héritières en sont recherchés et contraincts de les payer, il faut rabattre sur lesdicts cinq cens escus, deux cens que je

que Branthôme dit de la conservation merveilleuse de certaines dames arrivées à la vieillesse, des sentiments tendres qu'elles peuvent encore inspirer, et de la préférence qu'on leur accorde en amour, est évidemment fait pour caresser les prétentions dont la reine Marguerite ne se départit jamais.

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