A l'épreuve de la balle
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susdictes armes dans ma chapelle de Riche* mond, je le voudrois fort, ainsy qu'on faisoit jadis aux anciens chevaliers : la mémoire en seroit beaucoup plus honnorable. Je laisse cela à madame la comtesse ma niepce, qui en aura le soin, puisque la demeure luy est assignée si elle ne se remarie, comme j'ay dict cy-debvant.
Et de tout ce (jue dessus, pour maintenir et bien entretenir, je fais exécuteur de mondict testament M. de la Chastaigneraye, mon cher nepveu, s'il lui plaist, et l'en prie ; ensemble M. du Preau, lieutenant du roy et gouverneur à Chastelleraud,que j'ay nourry page, et s'est si bravement et généreusement poussé à ceste digne charge, par ses belles armes et bon courage; avecques M. Thomasson, advocat en la cour presidialle de Perigueux, mon principal et ordinaire conseil, que j'eslis pour assister messieurs mondict nepveu et du Preau, et les relever d'autant de peine ; en ce qu'on luy paye ses peines et salaires, comme de raison, au dire de mesdits sieurs exécuteurs : les suppliant très-tous de tenir main bonne et forte à mon intention et totalie disposition.
Sur-tout, je casse et révoque par cestuy-icy dernier tous autres testamens et dispositions par moy faicts et faictes cy-debvant, ensemble toutes donnations qu'on pourroit supposer et prétendre par moy faictes. Je n'en fis jamais, ny prétends d'en faire, dont j'en proteste debvant Dieu. Pour testament, j'en ay faict un, passé par les mains de Galopin, notaire de Branthome; mais je le casse et révoque du
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tout par cestuy-cy, ensemble le codicille passé par le mesme Galopin. Et si Ton en produit d'autres, je dis qu'ils sont faux, et les casse comme tels et nuls ; car je sçay bien que beaucoup de notaires d'aujourd'hui s'aident de telles faussetés, aussy bien pour les grandes maisons que pour les petites, pour estre menacés et contraincts : et pour ce, je prie messieurs les exécuteurs d'y adviser ; et pour ce, par ces raisons, j'ay faict cedict testament solennel, escrit et signé de ma main.
Pour totalle fin, je donne mes bagues et petits joyaux à mes susdicts nepveux et niepces de très-bon cœur, et les prie de les garder et porter pour l'amour de moy, tant que leur vie durera, en souvenance de moy, leur bon oncle, qui les ay aimés iet honnorés d'une amitié très-ferme et fidèle. Sur ce, je fais fin à cedict testament, au nom du Père et du Fils et du Sainct-Esprit, et de la bénite Vierge Marie, et madame saincte Anne, comme je l'ay commancé.
Je ne doubte point que plusieurs personnes ne trouvent cedict testament par trop long et prolixe. Tel a esté mon vouloir et mon plaisir. J'en ay veu d'autres en ma vie bien aussy longs. J'en ay pris le modellê sur ce grand chancellier M. de l'Hospital, de mesmes aussy long, que j'ay inséré dans mes livres; mais si l'ay-je un peu abrégé. De plus, je suis nay d'une grande et illustre maison, j ay le cœur grand, qui me l'a donné*, et que j'ay faict