SCENE VL Ï
LE CAPITAINE
De la part de qui ? I^es difficultés m'irritent , le danger m'amuse. J'ai quelques heures à perdre , et je viens les passer ici.
LE M ARKCHAL-DBS-LOGIS.
Vos étoiirderies finiront mal.
LE CAPITAINE
Tu sermones sans cesse.
LE MAKéCHAL-DES-LOGIS.
Ce sont bien paroles perdues.
LE CAPITAINE
En ce cas, fais-moi grâce de tes réflexions.
LE MARiCHAL*DES-LOGIS.
Vous en parlez bien à votre aise. Je vous connais depuis votre enfance; je m'intéresse à vous. Vous &ites des folies; je vous suis pour vous empêcher d'en fiiire de plus graves : malgré mes remontrances, nous voilà ici ; qu'allons-nous y faire?
L'amour, mon vieux camarade, l'amour.
LE MARÉCH AL-DES-LOGIS
Il faut que je sois amoureux aussi ?
LE CAPITAINE
Hé, sans doute. Je vais rencontrer une belle indolente, Bien lasse de sa cl6lure; elle me verra, m*aimera et me suivra. Tu trouveras quelque vénérable, à qui tu rappelleras le souvenir de sa jeunesse, et nous serons heureux tous quatre.
LE IIARÊCH AL-1>ES-LOGIS
Et si on résiste ?
i66 LES DRAGONS ET LES BÉNÉDICTDIES.
XE CAPITAIITE.
Nous ferons la petite guerre.
LE MARECHAL-DSS-LOGIS
Alors ralarme se répandra, les nonnes crieront t les cloches sonneront, les dragons arriveront, nous saisiront, nous emprisonneront.....
LE CAPITAIHE.
Et ensuite nous sortirons.
LE MARÉCHA.L-DES-LOGIS
Votre oncle vous pardonne toutes vos fredaines, et vous abusez de ses bontés. Jamais on n'a vu un capitaine respecter moins son colonel.
Les neveux sont faits pour faire des sottises, et les oncles pour les pardonner.
LE MAR]^CHAL-D£S-LOGIS
Enfin, vous voulez?
LE CAPITAINE
Je ne sais ni ce que je veux , ni ce que je ferai ; les circonstances me détermineront.