‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 117 sur 417 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LE CAPITAIlfE.

Charmante religieuse ?

SAIirTB-CLAiaE.

Aimable dragon ?

LE CAPITAIlfE.

Les moments sont précieux. Tâchons de nous entendre.

SAllfTE-CLAiaE.

Bien volontiers. Parlez , je vous écoute.

Vous pensez bien que je ne suis pas ici selon saint Benoît ?

SAINTE-CLAIRE

Cela se devine, et de reste.

LE CAPITAINE

Que je ne peux pas y rester éternellement ?

SAINTE-CLAIRE

Vous seriez bien à plaindre d'en avoir seulement la pensée.

LE CAPITAINE

Le cloître vous ennuie ?

SAINTE-CLAIRE

A la mort.

LE CAPITAINE

Il faut en sortir, et à Tinstant.

SAINTE-CLAIRE

En sortir, j'y compte; à l'instant, c'est une autre •iGûre.

LE CAPITAINE, montmit la muraille.

Je suis arrivé par-là, nous partirons par le même chemin.

SAINTE-CLAIRE

Je crains les chemins difficiles, et vos* intentions apostoliques ne me rassurent pas du tout.

Mes intentions! mais je vous jure que je n'en ai aucune qui puisse....

SAINTE-CLAIRE

J'en ai , moi , et dont je ne m'écarterai point.

LE CAPITAINE

Peut -on, sans être indiscret, vous demander quelles sont ces intentions ?

SAINTE-CLAIRE

Je n'ai jamais rien dissimulé. I^a vie monastique ne me convient pas du tout, vous pouvez en juger; j*ai résolu de me rendre à moi-même, vous le croirez aisément; mais je n'emploierai que les moyens avoués par la décence , et je me garderai bien d'aller courir les champs avec- un dragon, et un dragon de votre tournure.

LE CAPITAINE, à part.

Voilà le plus aimable petit lutin que j'aie vu de ma vie.

SAINTE-CLAIRE, à put.

Voilà le plus dangereux missionnaire que je puisse rencontrer.

LE CAPlTAINt.

Ma sœur? ' t

SAIxNTE-CLAIRE. •

Mon frère?

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