SCENE XXII. 2i
marmot qui balbutie votre nom. Un regard tendre s échappe de temps à autre, et pénètre mon cœur du sentiment intime de sa félicité. Vous jouissez de tout cda. Vous éprouvez des sensations qui vous étaient inconnues. Votre existence est doublée, votre bonheur est parfait , et c'est à moi que vous en êtes rcderable.
l'abbesse.
0>lonel, ce jeune homme est plus sage que vous né pensez.
LE COLOIIEL.
Son tableau me séduit. Mais où trouveras-tu cette nièce que tu as peinte sous des couleurs aussi favonhles?
LE CAPIT A IN E, prenant Samte-Claire par U nuin.
La voilà.
SAINTE-AGN J;S, eu sortant.
Nous sommes jouées !
SAINTE-SCHOL ASTIQUE, en sorUni.
Cest une abomination!
LE COLOUTEL.
Le portrait n'est pas flatté. Je crois facilement que cette jeune personne te convient ; mais il faut qu'elle me convienne un peu aussi.
SAINTE-CLAIRE
Ce qui arrive en ce moment est précisément ce que je voulais éviter. Le travestissement de votre neveu peut vous donner de moi des idées défavorables; mais pensez ({u il n'est dans cette ville que d'hier, et que le hasard seul a conduit tout ceci.
2i4 IJES DRAGONS ET LES
LB COLONEL, à PabbctM.
Gtoyeone, qu'est cette aimable enfuit?
l'abbesse.
Une orpheline sans fortune.
le colonel.
Ce n'est pas cela que je vous demande* Autrefois en France, comme ailleurs, on épousait un nom une dot; aujourd'hui nous épousons des femmes, ^^ nous nous en trouvons bien. Son caractère ?
l'abbesse.
Lie plus heureux méiange de gaieté et de raison.
LE COLONEL
Hé bien, qu'en dites-vous?
l'abbesse.
Qu'il ne sera pas le premier que le mariage aur3. rendu raisonnable.
LE COLONEL
A la bonne heure. Mais le mariage est bien dangeivu\ dans son état. {Â son nei/eu.) Tu peux être tué : que laisseras-tu au petit marmot?
LE CA PIT AINE
Sa mère à consoler , et mon exemple à suivre.
LE COLONEL
Tu le veux ?
LE CAPITAINE
i)h! tràa«décidément.
LE COLONEL
Tu lui plais?