‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 141 sur 417 · SCÈNE XXII. an · texte numérisé non relu

SCÈNE XXII. an

LB COLONEL

Ao fiiit , citoyen , au fait.

LE CAPITAINE

kiki% maintenant vous parler raison, pour la pre- ■ière fois de ma vie.

l'abbesse. Il est de bonne foi, au moins.

LE CAPITAINE

Vous me trouvez aimable, plein d'esprit, tout le Donde en convient; brave, il n'y a pas démérite à cela ; étourdi , vous avez raison; mais j'ai le cœur excdleut, et c'est d'une grande ressource. Vous pouvez, f on mot, Êûre de moi l'homme le plus sensé et le plus Kfl^chi.

LE COLONEL

Si je fais une pareille métamorphose, je ne doute plus de rien.

LE CAPITAINE

Je vais vous étonner davantage. J'ai pensé, oui , j'ai pensé, et me suis dit : Qu'est-ce qu'un étourdi? c'est m être dont Timagination vole d'objet en objet, sans i'airiter à aucun, qui ne jouit de rien, parce que ses ^rs n'ont pas de but déterminé; qui embrasse l'omke^ et laisse échapper la réalité; qui a le cœur vide et la tête exaltée : suivez - moi , s'il vous plait.

LE COLONEL

Je ne perds pas un mot.

LE CAPITAINE

Et j'ai ajouté : Le bonheur est en nous. Il ne fiiut , pour le saisir, que régler ses moyens, au lieu d'en

abuser; troquer la frivolité contre un grain de raison; ne point écouter sa tête, et consulter son cœur; ne plus dire de jolies choses à toutes les femmes, mais, s^attacher sérieusement h une seule. Ce raisonnement m'a paru dicté par le bon sens, et j^ai résolu de me marier.

SAINTE-SCHOL ASTIQUE, à part.

Il est charmant!

SAINTE-AGNfeS,àpait.

Il est adorable!

LE COLOlfEL.

Et le mot que vous attendez , c'est mon consea tement ?

LE CAPITAINE

Précisément, citoven.

LE COLONEL

Quand je voudi'ai du mal à une femme , je lui coa seillerai de vous épouser.

LE CAPITAINE

Mais pensez donc que vous faites le procès h rétourdi, et que vous le confondez avec l'homme raisonnable. Figurez-vous votre neveu marié à une femme jeune, jolie et enjouée; voyez-le dans son petit ménage, toujours tendre et toujours aimé; représentez-vous mon cher oncle passant ses quartiers d'hiver avtv nous, et une nièce charmante souriant au récit de HOH exploits guerriers. Je vois d'ici le tableau. Vous (^IcH assis dans un grand fauteuil, les pieds sur les rhenets, ma femme est à vos cotés. Elle a une nudn dnnn les vôtres , et de l'autre elle soutient un petit

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