SCENE XV. a
LA VEUVE
Songez qu'une femme comme moi...
LE COLONEL
Peut s'accommoder à merveille d'un 8an&<:ulotte.
LA VEUVE
Vous finirez, je Tespère; d'ailleurs je tous ai jugé , je suis sur mes gardes.
LE colonel.
Prévoyance inutile. J'achète quelquefois la victoire; elle m'échappe rarement.
LA VEUVE
En guerre?
LE COLONEL
Comme en amour.
Quel intérêt peut inspirer une veuve?
LE COLONEL
Une veuve telle que vous est au-dessus de ce qu'il )' a de plus aimable.
LA VEUVE
Ah! voilà de la galanterie française!
LE COLONEL
Pas du tout. Cette fade galanterie a fait place à la Franchise, et les femmes même ne s'en plaignent pas. Elles reçoivent moins d'éloges; mais ils sont plus sincères.
LA VEUVE
Allons, colonel , promettez-moi d'être sage.
LE COLONEL
Je ne promets jamais que ce que je veux tenir.
LA VEUVE
Je ne conçois rien à votre conduite.
. LE ce LOUE L.
Elle est cependant bien claire.
LA VEUVE
Mais je tt>iidrais n y voir que ce qui peut vio «is faire estimer.
LE COLONEL
Moins d'estime , et plus de tendresse.
LA VEUVE
Où vous mènerait-elle?
LE COLOIfEL.
Cela ne se demande pas.
LA VEUVE
Vous êtes en effet très-intelUgible.
LE COLOKEL.
Je ne parle qwe pour être entendu.
LA VEVVE.
Je vous entends, et je vais vous répondre.
LE COLONEL
iA>nmie je le désire?
LA VEVVE.
C4Mn«ie je le dois.