SCENE XV
L4 VBUVE.^
Nous n en sommes pas encore aux têie-à-têle&
LE COLONEL
En guerre, on dédaigne les préliminaires, et on va de suite au fait.
LA VEUVE
J'espère, colonel, que nous ne sommes pas en guerre.
LE COLONEL
Je suis au moins très disposé à vivre en paix.
Là VEUVE.
Et vous proposez des conditions ( A part, ) Il
ne s 'explique pas.
LE COLONEL, àptrt.
Elle est prise.
Là VEUVE.
Raisonnons, mon cher colonel. J'avais un époux parfaitement honnête
LE COLONEL
Et parfaitement ennuyeux?
Là VEUVE.
Pas du tout, monsieur. S'il n'avait pas les agrémens de la jeunesse , il avait d'excellentes qualités , et il m'aimait
LE COLONEL
Comme vous serez ain^ée de tous ceux qui vous verront.
LA VEUVE
Il n'est plus, et voilà de ces pertes....
IaE colonel.
Dont l'amour seul dédommage.
% LA VEUVE
Dont il peut au moins consoler , quand il est délicat et vrai..
LE COLONEL
À cet égard ^ vous n'aurez rien à désirer.
LA VEUVE
Ah, colonel! on prend si souvent un simple goût pour de l'amour
LE COLONEL
Ce n'est pas ce que vous devez craindre, et je croîs que je vous parle en homme véritablement pénétre.
LA VEUVE
Si je pouvais aimer encore , je voudrais au moins que mon amant commençât par m'offrir le sacrifice...
LÉ COLONEL
Je vous avoue qu'en sacrifices, je puis très-peu de chose.
Nous ne nous entendons pas , car bien certainement vous pouvez tout.
LE COLONEL
Et quel est ce sacrifice , voyons ?
LA VEUVE
Avec autant d'esprit , pouvez-vous le demander !