‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 175 sur 417 · SCENE XIX. aS · texte numérisé non relu

SCENE XIX. aS

GERTRUDE

Grand merci , mon général. A propos , vous ne Mvez pas le bonheur qui nous est arrive ?

LE GÉNÉRAL

Non. Qu'est-ce?

GKRTRUDK.

Mon vieux est capitaine ; il a son brevet en poche. \4 son mari.) Montre donc , montre donc, lliomme. Ah, mon dieu! il est toujours en arrière....

LE GÉNÉRAL

Quand on dit du bien de lui; mais il est toujours des premiers au feu. (Prenant le brei^eL) «Brevet prowsoire.,.» et cœlera.... « Les représentants du peuple !>rès l'armée du Nord.... J'en suis, parbleu, bien aise; liais je suis piqué qu'on m'ait privé du plaisir de contribuer h son avancement.

GERTRITDK.

C'est le colonel qui a tout fait.

LK G KNÉR AL.

Je suis content de lui.

SAINTE-CLAIRE

Mais il ne vient pas.

LE GÉNÉRAL

Tu le verras dans l'instant. ( Se levant^ ainsi que ioui le monde. On reprend le même ordre de scène ; Gerirude est la dernière. ) Voilà un capitaine qu'il faut rec*evoir; je puis à présent faire sonner rassemblée sans inconvénient, l A un aide-de-camp.) Mon ami , donne les ordres au trompette.

( L'aidc^de^amp tort. )

GERTRUDE

Oui , qu'il sonne une réception. ( A son mari. ) Tu boiras demain; on va te recevoir, entends-tu? on va

te recevoir, et tu n'as pas d'épaulettes ! Eh, mon

dieu! pas d'épaulettes! Mais ôii vend-on des

épaulettes ?

SA.IIfTK*GLAfRE, daignant mi officier.

l/e capitaine lui prêtera les siennes, et je vetix IfS lui attacher.

( Pendant qnVIle atUche l*épanlette , Gertmde décoad les galons. ) LE MARÉCHAL- DE S -LOGIS.

Et mon sabre que tu oublies ? et mon casque?

GERTRUDE, déconaant.

Tu as raison ; mais c'est qu'on va te recevoir , et dans des inomens comme cela on ne peut pas penser

à tout on est toute troublée. Dame! on n'est pas

accoutumée à ces évènemens-là.

(Elle sort.) SAIN TE-CLA IRE.

Que vous êtes heureux , mon oncle ! Vos collègues ne sont que des généraux, et vous êtes un père de famille.

GERTRUDE, revenant avec le sabre et le casque.

Voilà ton sabre. ( // le passe, ) Voilà ton casque. ( Elle le coiffe. ) Allons , redresse - loi , prends une tournure.

LE M A RÉCH A L - DES-LOGI s.

Oh ! ma foi , je n'ai pas envie d'en changer.

LE GENE n A L.

Et! tu as raison : ta tournnro est celle d'un brave homme. Partons.

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