SCÈNE XIV. 3a
LUSSAir.
S'en connais un ; mais il exige du courage , et à TOtre âge, Adèle...
àD^LX, «tm une MMte de fierté.
Tai vingt ans , mon cousin , et je suis votre élève. Parlez.
» LUftSAH.
Je connais , dans la Suisse, une vallée riante et fertile. Là , l'homme laborieux et toujours occupe est indifférent aux actions des autres. C'est dans Tintervalle d'une bourgade à une autre que nous nous établirons. On n'épiera pas nos actions; on n'écoutera pas nos discours; on ne cherchera pas à surprendre notre pensée. Contempler la nature, jouir de ses beautés, cultiver les sciences, nous éclairer, nous chérir ; voilà quelle sera notre vie.
ADÈLE^ à pwL
Non, mon cher ami, non; une femme de mon âge ne court pas le monde avec un jeune homme tel que vous, {jé part.) Mai|i probablement mon oncle nous écoute encore, et j'ai une revanche à prendre, et une affiche à éviter* Feignons. .
LUSSAlf , arto tûnidité.
Vous réfléchissez, Adèle; vous hésitez!
ADÈLE
Je pense, mon cousin, qu'en Suisse nous trou- ▼erons de» hommes qu'on aura soin d'instruire : mqn* lieur de Montbrun a des^ correspondans partout Nos voisins deviendront de nouveaux ennemis de notre tranquillité. Ils nous forceront à choisir un
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autre asyle , d'où la persécution nous chassera encore, jusqu'à ce qu'enfin fatigués, excédés, découragés , nous revenions ici prendre des fers dorés , et nous soumettre à ce que monsieur de Montbrun décidera de notre sort.
LUSSAN
Oïl donc chercher un refuge contre les persécutions dont on nous accable?
ADÈLE
Je vous le demande à vous qui avez voyagé?
LUSSAN, hors de loi.
Ah! ma cousine, ma cousine, quel trait de lu* mière! Nous partons pour Bordeaux. •
ADÈLE
Nous frétons un vaisseau.
LUSSAN
Tj embarque tout ce qui peut vous être utile ou agréable.
ADÈLE
Nous voguons favorisés par les vents et la fortune.
LUSSAN
Nous débarquons sur la côte tant désirée.
ADÈLE
^ Laquelle , mon cousin ?
Celle qui borde les Pyrénées. Nous gravissons les pins* hautes montagnes; nous nous enfonçons dans quelque désert, où nous ne pouvons rencontrer, et à* de longs intervalles, que quelques êtres étrangers a nos coutumes, à notre langage...