SCÈNE XIV. 33i
AUÈL£.
Et nous sommes réellement seuls dans Tunivers ?
LUSSA.N.
Que TOUS êtes bonne! combien je suis heureux; cxNnbien vous le serez vous-même ! qu'il est beau , qa*îl est doux de s'estimer réciproquement; de tout; faire Fun pour l'autre ; de trouver dans la reconnaissance, dans le cœur de l'objet, auquel on s'est exclusivement donné , le prix de ses soins , de ses attentions , de sa tendre sollicitude !
AlDÈLE.
Quel tableau, mon cher cousin! votre bouche le pare d'un charme irrésistible.
LUSSAlf.
Me permettez- vous de m'occuper des préparatifs de notre départ?
ADÈLE
Je vous y invite, mon cher Lussan. (// sort; elle le rappelle. ) Écoutez -donc. Il n'y a pas un moment à perdre. Ce bal , où vous ne voulez pas que j'aille ; œtte affiche, qui nous couvrira de ridicule....
LUSSAN
Prenez vos diamans; moi, mes effets précieux. Retirons - nous à l'instant dans quelque village des environs de Paris. Il sera facile d'y vivre ignorés pendant quelques jours. J'écris de là à mon homme d'affaires ; il réalise toutes nos valeurs , et je transporte Adèle dans des lieux inaccessibles, où nous ne vivons que pour nous.
33a LES MEMNON FRANÇAIS.