‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 229 sur 417 · LUSSAN, ADÈLE, JUSTINE, MONTBRUN · texte numérisé non relu

LUSSAN, ADÈLE, JUSTINE, MONTBRUN

•orUnt dn cabinet.

MOUTBRUIC.

Parbleu, nous en avons eu tous notre bonne part. 0)inment! c'est parce que tu es amoureux, que tu

34u LES MËMNON FRANÇAIS.

ne fais que des extravagances ? Gest parce que ta es amoureux, que ce matin' encore tu refîisais ta goosine, et que tu me faisais enrager, moi et touscein cpu prennent à toi quelque intérêt? Quel dnUe d'amour est donc le tien?

JIISTINF.

Cest un amour d'un genre neuf, monsieur.

LU8SAN

Que vous dirs^i-je, mon oncle? Ce goût de la rptraite, que j'ai fait partager à ma cousine, n était ({ue le désir de passer les journées entières avec elle. T/austérité de mes principes n'avait pour objet que (le l'éloigner de ces êtres aimables, qui l'environnaieDt sans cesse. Trop modeste (K)ur être sûr de plaire; trop aimant pour n'être pas un peu jaloux, je la transportais dans des déserts, où elle n'aurait pu aimer que moi. A la première ville où nous nous serions arrêtés, je lui offrais mon cœur et ma main, et je faisais de l'adorer Tunique affaire du reste de ma vie.

MONTBRUN

Avouez du moins, monsieur l'original, qu'il est absurde d'aller chercher h trois cents lieues ce qu'on a près de soi, et que le dessein d'être parfaitement sage est d'un charlatan ou d'un fou.

ADÈLE

Ménagez la sagesse, mon cher oncle : c'est à elle ({ue je dois la certitude d'être si parfaitement aimée.

MONTBRUN, à Adèle.

J'aurais bien aussi quelques petites choses n te dire, à toi; mais vous me rendez l'un et l'autre trop

Page 1