‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 237 sur 417 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

DEBIGOURT.

Si cependant elle est prévenue pour un autre , je n'insisterai pas; tu te consoleras, et moi aussi. Malheur aux pères qui sacrifient le bonheur de leurs en- ^ts à leurs arrangements particuliers ! Mais ne nous arrêtons pas à une idée qui n'a nulle espèce de fondement. Revenons , mon ami. Voici mon plan : je n'ai qu'Adèle, et je ne veux pas m'en séparer. En te nommant mon gendre , je m'attache de plus près à mon ami ; j'acquiers des droits plus réels sur son cœur; j'assure il jamais mon repos, en donnant ma fille au plus honnête homme qqe je connaisse , et , pour que personne n'ak à se plaindre de la fortune , je compte .associer Julien à mon commerce.

BLINVILLE.

Et tu feras bien ; c'est un jeune homme estimable.

DÉmCOURT.

C'est ainsi que je l'ai jugé , et m'occuper de sa- félicité, c'est ajouter à celle de ma femme. A mon retour d'Amérique elle me présenta cet enfant , que je ne gardai d'abord que par complaisance. Ma fortune était bornée alors ; ma citoyenne était très-jeune, et je pouvais avoir plusieurs enfants... Enfin, j'ai adopté celui-ci. Je n'ai pas même voulu pénétrer le mystère de sa naissance qui, dans ie fond , m'intéresse peu ; d'ailleurs , quand j'en ai parlé, ma femme a montré une répugnance marquée pour toute espèce d'explication. Sans doute Julien doit le jour à quelqu'un qui l'intéresse fortement, et qui eependant doit être lionnête, car ma femme ne se prêterait pas....

BLIirVILLK.

Pfeut-étre une amie égarée...... un nviment de ^-

lire , de fiiiblesse....

0]fRlCOt71l¥.

Quoi qu'il en soit, j'ai nftpecté son secret Je ne suis attaché à cet enfant; je fai élevé avec Adide;ila grandi sons mes yeux , et il a surpaisé mes espérances. Ses travaux ont secondé les miens ; je lai dois une partie de ma fortune , et je m'acquitterai enfen lui en assurant la sienne. Je viens de t'ouvrir mon ame tout entière. Si tu trouves dans niea-lpnijetB quelque chose qui te pépu^ne^ dis-le-moi avec h iranchiie qui vient de te parler par ma bouche. i

BLIIfVILLE.

Je n'y vois que de nouvelles raisons de t*estiaier davantage.

OJÉRICOUHT.

Nbus sommes donc d accord ?

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