‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 242 sur 417 · ACTE I, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI

ADitLE.

Il est des inquiétudes bien peu raisonnables.

JULIEN. n

Il en est aussi de trop bien fondées.

AOtLE.

Julien , tu te plais à te tourmenter , et je n'aime pas cela. ITas-tu pas entendu mon père ? Ne sens-tu pas œ que ses procédés semblent nous promettre pour Favenir ? Qui t'a dit qu'il n'a pas prié Blinville de pressentir ma mère sur un mariage....

JULIEN

Fille trop confiante! qui ta dit qu'il ait pensé à moi?

ADÈLE

Et à qui veux- tu donc qu'il pense? Crois -tu que notre amour ait échappé à sa pénétration.

JULIEN

Je serais désespéré qu'il en ait le moindre soitpçoii. Bles sentiments sont purs comme l'objet qui me les inspire; mais on juge les hommes sur les faits, et les apparences sont contre moi. Ses bienfaits même....

ADJr.LE.

Dis donc les faibles marques de sa reconnaissance.

JULIEN

Cette prétendue reconnaissance ajoute à mon ingratitude.

ADÈLE

Toi ingrat! toi, Julien !

JULIEN

Je le suis, Adèle; je le suis. Ai-je dû t'aimer! Ai-jr du te le dire !

36/| L'ORPHEON.

ADÈLE

Oui,4noa mavj ta as dû m'aimer, ))«rice ipetu m'as trouvée aimable; tu as du me le dire, parce qi'an honnête homme dit toujoanv ce qu'il pense.

JULIEN

]^t devais-tu m'éoouter ?

Faut-il écouter tous les hommet, el être sourde pour celui seul qu'on préfère ?

JULIBIf.

Adèle, l'effet le plus cruel des passioiis>st de se dissimuler toujours ce- qii'elles ont de réprébensible. A quel point nous égare déjà ce feu brillant qui nooi laisse à peine des intervalles de raison! Tu nous juges innocents, nous qui aimons en secret; qui blessooit par une réserve coupable, tes parents et mes bienCûteurs! Si nos lois ne frappent point encore les ingrats, lopimon publique les flétrit : os^ftms'iious la bnivM^?- Adèle, tu t'attendris!

Julien , tu rends mon existence pénible.

JULIEN

Pardon ; mais je te dois la vérité.

U allait penser tout cela plutôt.

JULIEN

}léfléchit*on à quinze ans ?

Mon ami , tu t exagères les obstacles qui semblent nous séparer, el ton imagination se peint tout en

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