ACTE I, SCÈNE XI
HELÈME, àptrt.
Que son état #he touche!
LA CITOYENNE DI^RItOURT.
Tavoue cependant que le ibariage d*Adèle et de filinville adoucit Famertume de ma situation. Ma fille épouse un homme aimable ; elle sera heureuse , et ce lien calme des craintes qui devenaient plus vives chaque jour.
HÉLÈNE
Que pourriez-vous craindre encore?
LA CITOYENNE DÉRICOURT.
Te Fa vouerai -je, ma chère Hélène? Pavais cru remarquer, entre Adèle et Julien , de ces choses qui ne ressemblent pas à la simple amitié : regards furtifs, soupirs contraints^ extrême confiance, extrême réserve , gaité sans cause , tristesse sans motif, la pâleur de la crainte , le coloris de Tespoir et de la pudeur.... Rien n échappe à l'œil d'une mère. J'ai frémi, cent fois , en pensant que le crime, ainsi que la vertu , peut être héréditaire ; alors je me suis reprochée d'avoir gardé près de moi ce malheureux Julien. Cependant , que pouvais-je faire ? Trop fière pour confier ma faiblesse, trop tendre pour abandonner un enfant à qui, toute coupable qu'elle est, la nature devait une mère, j'ai mieux aimé exposer mon repos que
son existence Mais Déricourt, Déricourt, qui
parle de ma vertu, qui nomme Julien son second enfant, qui me remercie!,... L'affreuse vérité est loin de son esprit ; elle est tout entière dans sa bouche , et nu* tue Hélène, Hélène!
Calmez « vous ,* de grâce , calmcty - vous.....^.. Des larmes !
LA CITOTENNE pifiLlCOUET.
Je n^ai pas même la triste satis&ctioii de leur donner un libre cours. Ah! laisse-les couler ces larmes que je ne puis verser que dans ton sein.
HIÎLÈNE, te remettant trèt*prompteiiDVBDt.
Cest Francisque. Remettez-vous ; rentrez.
LA CITOYElTlfE UÉaiCOURT.
Hélène , tu m'aimeras toujours ; tu me l'as promis. Je ne t'ai que trop affligée de ma douleur ; mais si j'ai perdu mes droits à ton estime, j'en ai encore à ta sensibilité.
( Hélène loi baiae la main ; elle Tembrauc , et renirr. )