ACTE I, SCENE L
MADAME VERVAI., galment.
Cet avenir est si loin de moi , qu'il serait' ridicule de m'en occuper.
ROSE
Je me résume. Vous arrivez d'Amérique. Veuve d^in riche colon, vous rapportez des trésors; mais vous vous ennuyez; vous êtes née sensible, et tous avez besoin d'aimer. Un jeune homme charmant, tendre, empressé se présente; et ce que vous pouvez faire de mieux.... ^
MADAME VERVAL
C'est de l'épouser ?
Précisément.
MADAME VERVAL
Vous allez un peu vite; à peine le connaissonsnous.
Je voudrais vous voir heureuse ; d'ailleurs , votre bonheur assurerait le mien.
MADAME VERVAL
Comment cela?
ROSE
Dercourt a un valet. Je suis jolie aussi , et je lui tourne la tête. Champagne m'adore , madame , et je me laisse adorer.
MADA ME VERVAL.
Il n y a pas de mal à cela.
ROSE
A propos , monsieur Dufour, votre oncle»... X, f\
/îo CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.
MADAME VKRVAL, •▼«€ hnmenr.
Monsieur Dufour, mon oncle Je connais ses
qualités. Après?
ROSE
Il est venu ce matin à Thôtel.
Tant pis.
ROSE
Il se disputait avec le portier! il criait, mais il criait!... ^
MADA3fE VERVAL.
Ne m'en parlez pas davantage.
ROSE
Quoi, madame
MADAME VERVAL
Non, mademoiselle , ne m'en parlez jamais. Gardez* vous même de dire , à qui que ce soit , que cet homme m'appartient.
ROSE
Ménagez -le davantage. Monsieur Dufour est un usurier, est un sot, est tout ce qu'il vous plaira; mais vous êtes sa nièce, et , ce qui vaut mieux, son unique héritière.
MADAME VERVAL
Toujours la même! l'argent seul vous occupe.
ROSE
CVst qu'on ne fait rien sans cela. ,.
MADAME ViyaVAL.
/\ la honne heure. Ayez vos spéculations, sui'^zles, et ne m'en rompez pas la tête. Je suis riche, assez