ACTE III, SCENE VIII. 43fi
DÉRICOURT, «ttendri.
Laissez-moi, laissez-moi, vous dis-je. Quand vous surprendriez mon cœur, ma raison demeurerait in*altérable, et je serais inflexible.
BLINVILLE.
Inflexible! et pourquoi? Lliomme raisonnable calcule les circonstances plus ou moins graves ; il ne cède pas au mouvement de son orgueil blessé ; il ne connaît que la justice , et se la rend à lui-même et aux autres.
DÉRICOURT*
Je suis juste , et je le prouve.
Non , vous ne Têtes point et vous né pouvez l'être. Vous avez dans cette affaire un intérêt trop majeur pour prononcer avec impartialité. (^Les relevant, ) Relevez- vous, famille intéressante; c'est moi qui suis votre défenseur. — Le vice me révolte comme vous. Si je croyais qu'il pût atteindre encore votre épouse, je l'abandonnerais à son sort. Elle fut coupable sans doute; mais quand? à un âge oîi l'on n'est pas en garde contre des pièges qu'on ne soupçonne point, où l'on a succombé avant d'avoir pensé à se défendre. Mari trop sévère , vous la condamnez sur un moment d'oubli; c'est sur sa vie entière que j'établis mon jugement. Pendant vingt ans, elle a fait votre bonheur; pendant vingt ans, sa douceur, sa tendresse, ses qualités morales et domestiques ont fait envier votre soit à tous les époux, et vingt ans de bonheur n effacentils pas une faute dont vous ne devez l'aveu qu'à un
4ao L'ORFHEUIk