‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 310 sur 417 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

EMILIE, DURVAL.

DUR VAL

Jb vous épouse donc?

KNlLi£.

Non , Durval , vous ne m'épouses pas.

DURVAL.

Je ne vous épouse pas !

ÉMILIS.

Non , vous ne m'épouaee pas.

DUE VAL

Je vous aime , vous m'aimez ; vous venez au mocn^i de me le dire, et vous voulez*...

fiJilLlS.

Cest précisément parce que je vous aime, que jr ne vous épouse pas.

A>UHVAL.

Qui doDc épouserei^Touji?

ÈMîhlU.

Personne.

44a LE DIVORCE,

OURVA L.

Voilà des mots

ÉHILIS.

Qui renferment bien des choses.

DURVAL.

Moi, je ne vois pas cela.

EMILIE

Oh! Tamour-propre , Tobstination , rassommintr manie de vouloir toujours avoir raison , surtout avec les femmes.

DURVAL.

Vous ne me persuaderez jamais, avec votre esprit et vos grâces, que j'aie tort en voulant vous épouser.

EMILIE

Je ne vois pas qu'il soit nécessaire de vous persuader: il me suffit d'être convaincue.

De l'esprit, encore de l'esprit, et toujours de Tesprit, au lieu du sentiment

léMILIE.

De l'esprit ! mais je crois que j'en ai, et j en suis bien aise.

DURVAL.

Vous le croyez ? Moi j'en suis sûr, et cela me désespère.

EMILIE

Il serait plus commode sans doute de n'avoir a combattre que la timidité d'un enfant , sortant de* mains de la nature; sans défiance et sans art; bien

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