‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 311 sur 417 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

incapable de vous juger vous autres hommes, et de vous craindre et de vous éviter.

DURVAL.

Oh ! on a vu de ces femmes philosophes , maîtresses d'elles-mêmes, revenir enfin à cette nature, dont elles ne s'étaient peut-être écartées que par amourpropre, par obstination, ou par l'assommante manie de vouloir toujours avoir raison, surtout avec les bommes.

EMILIE

Citoyen Durval, vous étes*un impertinent.

nURVAL.

Convenez au moins que vous m'avez donné l'exemple. D'ailleurs, on peut être un impertinent et avoir raison.

ÉMILIK.

c'est bien difficile.

DURVAL.

Aux yeux des femmes prévenues, obstinées, et.....

ÉMILIF.

Continuez, et je vous épouserai bien moins.

. OURVAL.

Qu'importe le plus ou le moins, puisque vous ne n'épousez pas?

EMILIE

Non certes, je ne vous épouse pas*

DURVAL.

Point d'humeur; elle est inutile, puisque je suis -ésigné.

Vous êtes résigné ?

DURVAL.

Vous ne me ferez peut-être pas un crime de sifoir / prendre mon parti?

Ah! vous prenez votre parti/

DtJRVAL.

Je pourrais vous amuser davantage en proie à b douleur , au désespoir ; mais c'est un petit plaisir <{ue je ne compte pas vous procurer.

iSmilie.

Poursuivez , citoyen ; vous êtes chanmint.

DURVAL.

Je n'en crois rien : vous me prouvez le contraire. Mais je crois, en vérité, qu'il s'amuse à son tour.

DlïRV AL.

Vous avez monté la conversation sur ceton*là;je prends l'unisson.

EMILIE

Et vous trouvez cela plaisant ? *

DTTRV AL.

Non-seulement plaisant , mais très-utile. Toujours la paix? Quoi de plus triste, de plus fastidieux? Quelques mots piquants, entre gens qui s'aiment , réveillent le cœur, dissipent cette léthargie qui tuerait bientôt le sentiment , et puis n'cst-il pas des femmes qui ont besoin de quereller, comme il en est qui.

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