SCENE XL
gué ? Toi souffert en silence ; j'ai dévoré mes larmes ; j'ai porté la vertu jusqu'à ménager un ingrat qui déchirait moE cœur. Ce cœur enfin sentit le besoin d'aimer, et, malgré la plus triste expérience, il connut encore un vainqueur. Fidèle aux lois de la décence, j'invoque le divorce que mon nouvel amour me rend nécessaire , et que vos procédés justifient pleinement. Quels reproches maintenant avez-vous à me faire? Quels torts pourrez-vous me supposer?
THiVENIN.
Continuez, ne m'épargnez point; accablez -moi, vengez- vous; mais laissez-moi espérer que ce cruel divorce ne s'accomplira pas.
LA CITOYENNE TH^VENIN
Je suis incapable de vous tromper.
THÉVENIN
Ainsi donc vous oubliez sans retour les premières années de l'union la plus heureuse ? Mes fautes ont ef&cé de votre souvenir ces momens délicieux que je me rappelle aujourd'hui pour en regretter plus vivement la perte ?
LA CITOYENNE THBVENIN.
Vous avez tout oublié avant moi.
THE VENIN
Je suis un malheureux indigne de pardon. Cepen» dmmt , ces jours fortunés peuvent renaître encore.
LA CITOYENNE THléVENIN.
N'y pensez plus ; il est trop tard.
THÉVENIN
Cruelle, que ditrtu ? Vois ma peine, mon repentir;
/igo LE DIVORCE.
oublie le mal que je t'ai fait : ce* dentier triomphe est digne de ta vertu.
hJL CirOTBNWB THiÉvEiriir. 1
Je vous plains : je ne vous aâme p^m.
THrivEimr.
Et tu te doimes à Durval?
. LA CITOTElfirE THÉVRlfrif.
Ah ! je suis toote à lui.
THÉVENIK.
C'est un homme sans moraKté.
hk CITOTENITE TH^VBiriir.
Vous le jugez avec prévention.
THÉVEKrir*
Tu gémiras de l'avoir écouté.
LA GITOTENUrE-TK^VEirilf.
Me traitera-t-il plus mal que vous ?
THÉVEirilf.
Ainsi tu veux passer ta vie en proie «ux douteurs et aux regrets ?
LA CITOYEN NE TaÉYBUIW.
Dès long-temps je vous en dois l'habitude.
THÉVEWIir.
Tu m'assassines avec le sang- froid d'une cruauté réfléchie. J'ai perdu tous mes droits à ton amour , à ton estime , et même à ta pitié ; mais , cruelle , tu as une fille , et je suis son père. Crois-tu la ravir à ma tendresse ? Prétends-tu m'en séparer , ou pourras-tu t'en séparer toi-mâme? C'est au nom de cette enfant ^ qui nous est si chère à tous deux , que je t'implore pour la dernière fois. Liui donneras •> tu le spectacle